François Hollande est-il le seul responsable de l’envolée du chômage des seniors lors de son quinquennat ? Selon une note interne du ministère du Travail consultée mercredi par l’AFP, cette situation serait davantage due à des évolutions législatives, dont la réforme des retraites de 2010, qu’à l’état du marché du travail.

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Suppression de la dispense de la recherche d’emploi

Sur les 300.000 demandeurs d’emploi seniors (50 ans et plus) supplémentaires inscrits à Pôle emploi depuis 2012, les deux tiers (plus de 200.000) résulteraient de deux modifications des règles qui ont conduit à les maintenir dans les fichiers, détaille ce document révélé par le Parisien le jour de la publication des chiffres du chômage de mars.

La première, déjà pointée du doigt par un rapport sénatorial, est la suppression de la dispense de la recherche d’emploi (DRE) : à partir de 1984, les chômeurs de 55 ans et plus ont pu demander à être dispensés de recherche d’emploi ; ils n’étaient alors « plus comptabilisés dans la statistique mensuelle », rappelle cette note d’analyse, rédigée fin 2016 au sein du ministère du Travail et diffusée auprès de l’exécutif.

Hors cette mesure a été « progressivement restreinte à partir de 2009, avant d’être entièrement supprimée au 1er janvier 2012 ». Résultat : de nombreuses personnes qui n’avaient pu en bénéficier sont restées inscrites à Pôle emploi, « contribuant à amplifier l’augmentation du nombre de seniors inscrits en catégorie A [sans activité] ».

Le document estime que la suppression de la DRE « se serait traduite à elle seule par une augmentation de 78.500 demandeurs d’emploi », soit 25 % de l’augmentation totale du nombre de seniors depuis 2012.

La réforme des retraites de Nicolas Sarkozy

Seconde explication : la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy en 2010, qui a relevé progressivement l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans et « largement contribué à l’augmentation du nombre d’actifs de 50 ans et plus », notamment des 60-61 ans dont le taux d’activité a progressé plus fortement que le taux d’emploi, poursuit la note.

Selon elle, « le report de l’âge légal de départ en retraite se serait traduit par une augmentation de 126.380 demandeurs d’emploi. Seuls 1.220 seraient restés inscrits en l’absence de réforme ».

La flambée du chômage des seniors, qui représente une part importante de la hausse globale depuis le début du quinquennat Hollande (plus de 500.000), ne serait donc liée que pour un tiers aux évolutions des conditions d’emploi, conclut cette note.