DISTRIBUTION – C’est ce que propose Christine Lagarde, ministre de l’Economie. Les commerçants y sont opposés…
Alors que la chasse aux bonnes affaires commence mercredi, à 8h, pour s'achever six semaines plus tard, le 19 février, la réforme des soldes a de nouveau été mise sur la table lundi par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. Le gouvernement table en effet sur leur multiplication pour relancer la consommation et le pouvoir d'achats des Français.
«Si c'est tous les jours cela n'a plus de raison d'être»
La ministre a évoqué le principe de soldes «récurrents». «Ça consiste à avoir dans une partie d'un magasin, petit, moyen ou grand, un département, une zone qui soit réservée à des articles soldés», a-t-elle expliqué, estimant que «des soldes récurrents sont propices à la consommation».
Cette déclaration n'a pas été appréciée par les petits commerçants textile, qui ne sont «pas demandeurs », a déclaré Charles Melcer, président de la Fédération Nationale de l'Habillement.
Les détaillants en chaussures y sont aussi opposés, tout comme certaines associations de consommateurs. «Si c'est le cas, ce n'est plus évènementiel avec des prix de référence de 20, 30 ou 40%. Si c'est tous les jours cela n'a plus de raison d'être. Le consommateur n'a plus d'élément de référence et va faire de la rétention d'achat», a déclaré le président de la fédération de la chaussure Jean-Pierre Fabre.
La multiplication des promotions et des ventes privées au fil de l'année contribuent déjà à désorienter le consommateur, estiment les professionnels.
Tentative de Breton
Il y a deux ans, Thierry Breton, alors ministre de l'Economie, avait jeté un pavé dans la mare en évoquant une éventuelle multiplication des périodes de soldes. Une réforme avait alors eu lieu, permettant notamment de lancer les soldes à date unique sur tout le territoire, mais l'idée de multiplication des soldes avait été enterrée, en raison de l'opposition de la plupart des commerçants.
DEBAT - Comment allez-vous faire vos soldes?
LOI
Seules périodes de l'année où les commerçants sont autorisés à revendre à perte, les soldes sont strictement encadrés par la loi. Ils durent au maximum six semaines, respectivement en été et en hiver, et visent à écouler des marchandises en stock, qui doivent avoir été proposées à la vente depuis au moins un mois à la date de début de la période des soldes. Dans un magasin, la distinction entre les articles soldés et non soldés doit clairement apparaître aux yeux du consommateur et les limitations de garanties sont illégales.