Sanction des chômeurs: «Les partenaires sociaux vont être concertés sur la notion d'emploi acceptable»

Publié le 4 janvier 2008.

INTERVIEW – Le secrétaire général de la CGPME, Jean-Eudes du Mesnil, soutient la demande du chef de l’Etat visant à sanctionner les chômeurs qui refuseraient deux emplois dits «acceptables»…

Le secrétaire général de la CGPME, Jean-Eudes du Mesnil, soutient la demande du chef de l’Etat visant à sanctionner les chômeurs qui refuseraient deux emplois dits «acceptables».

Le chef de l’Etat a demandé jeudi à son gouvernement de mettre en place un système de sanctions à l’encontre des chômeurs qui refuseraient deux emplois «acceptables» à la suite. Que pensez-vous de cette mesure?
Elle est souhaitable. Il y a tant d’offres d’emplois non pourvues en France qu’il faut réagir. Cela nécessite une politique active en matière d’emploi qui s’appuierait sur trois axes: une bonne formation des chômeurs, l’individualisation du parcours des demandeurs et une incitation forte à la reprise d’un emploi, indispensable.

Toute l’ambiguïté réside dans la notion «d’emploi acceptable»…
Effectivement, mais les partenaires sociaux vont être concertés sur cette notion, comme ils l’avaient déjà été précédemment, lorsque le gouvernement avait envisagé de réduire les allocations de manières dégressives pour les chômeurs refusant des emplois. Les discussions, auxquelles la CGPME va participer, porteront sans doute sur les garanties apportées aux demandeurs d’emploi, à savoir qu’ils ne pourront accepter une offre aux conditions de mobilité, de salaire et de qualification qui leur seront trop préjudiciables. Par exemple, une personne résidant à Calais ne se verra sans doute pas reprocher de ne pas postuler à Marseille.

Le gouvernement s’appuie sur les 500.000 offres non pourvues. Comment expliquer cette vacance? Qui de l’offre ou la demande est inadapté au marché?
Ce sont les deux. Certains métiers, dans le secteur de la restauration, du BTP, de l’informatique et des services à la personnes, sont «en tension»: la demande des employeurs est très forte mais ils ne trouvent pas de candidats. Parce que le niveau de formation requis est parfois très pointu ou que les métiers sont exigeants. Il est donc important de repenser la formation et l’accompagnement des demandeurs d’emplois, notamment en leur assurant une reconversion, s’ils le souhaitent, supportée par la collectivité.

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Propos recueillis par Sandrine Cochard
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