Un seul robot détruirait jusqu'à six emplois, selon des chercheurs américains

SOCIAL Deux chercheurs du Massachussetts Institute of Technology (MIT) et de la Boston University viennent de publier une étude sur les effets de la robotisation sur l'emploi...

20 Minutes avec agence

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Dans la série Real Humans, les Hubots, des robots à l’apparence quasi humaine, sont utilisés pour assister les humains, du ménage aux courses en passant par la garde des enfants.

Dans la série Real Humans, les Hubots, des robots à l’apparence quasi humaine, sont utilisés pour assister les humains, du ménage aux courses en passant par la garde des enfants. — SVT1

La robotisation serait plus destructrice que bénéfique pour l’emploi puisqu’à lui seul un robot introduit sur le marché du travail devrait entraîner la disparition de 6,2 emplois dans la zone géographique qui l’entoure. Ce chiffre émane d’une étude menée par Daron Acemoglu et Pascual Restrepo, deux chercheurs du sérieux Massachussetts Institute of Technology (MIT) et de l’université de Boston (Etats-Unis), publiée cette semaine dans The National Bureau of Economic Research.

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Leur théorie de 2016 renvoyée aux vestiaires

Pour en arriver à cette conclusion, nos experts se sont appuyés sur une observation de l’emploi industriel aux Etats-Unis entre 1990 et 2007. Bilan : leur théorie de mai 2016 a été complètement chamboulée. Exit la création d’emplois qualifiés et même le meilleur niveau de rémunération prévus à l’époque.

« Nous constatons un effet négatif sérieux et marqué des robots sur l’emploi et les salaires », concluent finalement Daron Acemoglu et Pascual Restrepo. Ainsi, la création d’emplois liée à la robotisation ne devrait jamais compenser la suppression des postes d’ouvriers.

Une baisse du salaire moyen de près de 0,7 %

Entre 1990 et 2007, les robots auraient provoqué la perte nette de 67.000 postes, sur une base de 1.000 ouvriers. En d’autres termes, l’installation d’un robot a fait disparaître 6,2 postes dans la région passée au crible par les deux chercheurs. La robotisation a également participé à une baisse du salaire moyen de près de 0,7 % liée à un moindre besoin de main-d’œuvre et à une baisse de la demande sur le marché du travail.

Dans le résumé de leur étude, Daron Acemoglu et Pascual Restrepo s’avouent inquiets pour le futur. Ils évoquent ces pertes d’emplois et ajoutent que le développement très rapide de la robotisation pourrait également être difficilement compensé par une meilleure qualification des ouvriers. Selon nos deux experts, ces derniers devraient en effet mettre plus de temps à acquérir les diplômes adéquats.

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