Le gouvernement veut former les Français aux questions financières

CULTURE Michel Sapin, le ministre de l’Economie, a lancé ce mardi le « projet de stratégie nationale d’éducation financière »…

C.B.

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Une femme en train de faire ses comptes. Photo d'illustration.

Une femme en train de faire ses comptes. Photo d'illustration. — pixabay.com

L’inflation, les agios ou encore les taux d’intérêt… C’est avec ce type de notions que le gouvernement souhaite davantage familiariser les Français. Car les différentes enquêtes le prouvent : la population souffre d’importantes lacunes en matière de finance et d’épargne.

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Des cours pour les collégiens

Il faut dire que plus de quatre Français sur cinq* (85 %) n’ont jamais bénéficié du moindre enseignement sur ces questions budgétaires et financières, que ce soit à l’école, à l’université, dans leur entreprise ou encore dans un institut spécialisé.

Une réalité qui en pénalise certain : 43 % des citoyens affirment avoir déjà ressenti, au cours de leur vie, le besoin de recevoir ce type d’enseignement.

Surtout, 65 % des sondés pensent qu’une meilleure formation à ces problématiques permettrait de faire reculer le surendettement et les situations de fragilité financière. C’est également l’avis du gouvernement. Et c’est pour cette raison qu’il souhaite permettre aux Français d’acquérir une meilleure culture financière. Comment ? A travers un plan présenté ce mardi et qui vise de manière différente trois catégories de la population :

  • Les jeunes : en délivrant, dès la rentrée 2017, à tous les collégiens des cours d’éducation financière qui seront donnés pendant les heures d’ Enseignement moral et civique.
  • Les adultes en situation de fragilité financière : en renforçant leur accompagnement, notamment dans les Points conseils budget actuellement expérimentés dans plusieurs départements.
  • Les autres adultes : en répondant à leurs questions via un portail Internet, géré par la Banque de France, qui doit être mis en ligne au cours du premier trimestre 2017.

« Un problème d’intérêt général »

« Ce plan, qui s’inscrit dans un cadre plus vaste de lutte contre la pauvreté, vise à renforcer la stabilité financière de nos concitoyens mais également celle de notre économie », a expliqué le ministre des Finances Michel Sapin, ajoutant que l’objectif est « d’éviter que le cumul de difficultés personnelles devienne un problème d’intérêt général ».

Selon l’OCDE, un bas niveau d’éducation financière présente un coût potentiellement élevé pour la société dans son ensemble. L’organisation cite notamment « le coût social du surendettement, les risques liés à une mauvaise allocation de l’épargne, un sentiment général de défiance des citoyens envers la finance ou encore la difficile compréhension des politiques publiques et de tous leurs enjeux ».

* L’enquête a été réalisée par l’Ifop auprès d’un échantillon représentatif de 1.002 personnes de 18 ans et plus. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 31 août au 2 septembre 2016.

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