Le «Black Friday» peine à conquérir le marché français

CONSOMMATION Le «Black Friday», qui tombe cette année ce  vendredi 25 novembre, marque traditionnellement le début de la course aux achats pour les fêtes de fin d'année aux Etats-Unis…

20 Minutes avec AFP

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Coup d'envoi du «Black Friday

Coup d'envoi du «Black Friday — John Ehlke/AP/SIPA

Cela ne vous aura sans doute pas échappé en ouvrant votre boîte mail ce matin : aujourd’hui c’est le « Black Friday » (« vendredi noir »), et les marques nous inondent d’offres promotionnelles alléchantes sans que l’on comprenne toujours bien le pourquoi du comment. Et pour cause : cette journée de super promo reste une pratique commerciale importée récemment France.

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Seuls 18 % des Français sûrs de participer

Traditionnellement, le « Black Friday » est une journée de soldes aux Etats-Unis, organisée par les commerçants au lendemain de la fête de Thanksgiving qui marque le coup d’envoi de la course aux achats pour les fêtes de fin d’année. Mais ce raz-de-marée est encore loin d’être généralisé en France.


Selon un sondage Toluna pour LSA, seuls 18,2 % (+3 points par rapport à l’an dernier) des 1.506 personnes interrogées en France pensent, de manière certaine, acheter lors de cette opération commerciale. 34,1 % restent indécis, attendant de voir les offres pour se décider.

Une autre étude du Centre for Retail Research pour le site Poulpeo indique qu’un consommateur français sur trois répondra présent, et que près de 735 millions d’euros pourraient être dépensés à cette occasion.

C’est plus que l’an dernier (632 millions d’euros) mais encore peu par rapport aux 5,5 milliards d’euros de dépenses prévues par les Européens. Une étude de Webloyalty anticipe que les Britanniques devraient ainsi à eux seuls dépenser 1,69 milliard.

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Méconnaissance et confusion

En outre, cette traditionà laquelle les enseignes françaises se sont converties il y a deux-trois ans seulement, reste encore méconnue dans l’Hexagone. Selon Toluna, 57,1 % des Français en ont déjà entendu parler. C’est bien moins que l’autre grande animation commerciale de novembre, le beaujolais nouveau (81,3 % de notoriété). Un autre sondage mené par le site Brandalley montre que 45 % des Français ne savent même pas à quoi correspond le terme « Black Friday ».

Les raisons viennent à la fois du fait que l’opération est récente en France, mais aussi peut-être parce que l’année dernière, elle avait été rebaptisée sous diverses appellations, plusieurs distributeurs jugeant le terme « Black Friday » malvenu après les attentats du vendredi 13 novembre à Paris.

Cette année, certains sont revenus à l’appellation d’origine, mais pas tous. Auchan va ainsi faire « un crazy week-end », Carrefour « des jours discount » et La Redoute « un Grand week-end ».

Cette multiplicité de noms, qui s’accompagne de modalités et de durées différentes selon les enseignes, « limite encore la popularité de l’événement », estime Philippe Guilbert, directeur général de Toluna.

En effet, alors qu’aux États-Unis les promotions ont lieu traditionnellement le vendredi et le lundi suivant Thanksgiving, en France, les promotions s’étalent bien souvent au-delà, sur quatre jours (la Fnac), une semaine (Amazon), voire 15 jours (eBay), ajoutant à la confusion.

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