CAISSE NOIRE - Jean-Claude Duret, un ancien syndicaliste CFTC chez Thomson CSF...
«Tout homme a son prix, un syndicaliste n'est pas incorruptible.» Cette phrase, qui fait la une de «Libération» ce mercredi, aurait été prononcée par un responsable de
l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). Le destinataire? Un ancien syndicaliste CFTC chez Thomson CSF, Jean-Claude Duret.
Caisse noire de 600 millions d’euros
Ce denier affirme au quotidien avoir fait l'objet en 1998 d'une tentative de corruption par l’UIMM. L’organisation patronale, dont l’ancien président, Denis Gautier-Sauvagnac, a reconnu
l'existence d'une caisse noire de 600 millions d'euros, n'avait «pas de commentaire» à faire sur cet article mercredi.
Quant au président de la CFTC, Jacques Voisin, il a assuré qu'il n'y avait «aucun système organisé» entre son syndicat et l'UIMM, que la corruption n'était «pas dans les pratiques de la maison» et qu'il ne «pouvait pas accepter de telles pratiques si elles étaient avérées».
Dans ce témoignage, Jean-Claude Duret raconte avoir été approché en juin 1998, en marge d'une négociation sur la convention collective des cadres de la métallurgie, par un membre de la délégation de l'UIMM. «Libération» explique que le syndicaliste venait de se montrer ferme lors de la négociation, à propos d'une demande patronale de suppression d'une indemnité de licenciement versée par toute entreprise mettant un cadre à la retraite entre 60 et 65 ans.
Evincé en août 2000
Selon le journal, le supérieur de Jean-Claude Duret à la fédération CFTC Métallurgie lui a fait comprendre qu'il ne devait «pas se casser la tête» en posant «des questions» et que le syndicat signerait l'accord «quand même». Dès lors, le syndicaliste n'a plus été convié aux réunions suivantes de négociation, puis a été évincé en août 2000 de ses fonctions de délégué syndical central CFTC à Thomson CSF (aujourd'hui Thales) par sa fédération CFTC Métallurgie.
Le président de cette fédération syndicale, Joseph Crespo, a assuré que le remplacement de Jean-Claude Duret n'avait «rien à voir» avec cette négociation de convention collective. «C'est lui-même qui est venu dans mon bureau me dire qu'il voulait assurer sa succession. Tout cela a été décidé en accord avec lui et j'ai nommé son adjoint à sa place», a déclaré Joseph Crespo.
Bertrand attend que la justice parle
Le ministre du Travail Xavier Bertrand a pour sa part déclaré mercredi à l'Assemblée nationale qu'il attendait «avec impatience que la justice parle, pour qu'on sache exactement la vérité des faits» dans l'affaire de la caisse noire du patronat de la métallurgie.
Avec AFP