Les plus pauvres se soignent moins, au détriment de la prévention

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Publié le 25 octobre 2007.

SANTE - Selon une étude de l’Insee...

Alors que les franchises médicales doivent être examinées ce jeudi après-midi par les députés, l’Insee publie un rapport selon lequel les personnes les plus pauvres, et notamment les enfants, vont moins souvent chez le médecin que la moyenne des Français. Et ce au détriment de la prévention.

817 euros par mois

Le public concerné par l'étude a un niveau de vie inférieur à 60% du revenu médian, soit plus de 7 millions de personnes qui vivent en France avec moins de 817 euros par mois (pour une personne seule). Alors qu’elles sont plus nombreuses à se déclarer en mauvaise ou très mauvaise santé ( 8% contre 4% seulement du reste de la population), leur consommation médicale est plus faible.

Ainsi, 21% des moins de 50 ans interrogés n’avaient pas consulté de médecin l'année qui précédait l'enquête, contre 17% pour la moyenne des Français. C'est encore plus vrai pour la consultation de spécialistes: 53% des moins de 50 ans aux faibles revenus n'ont pas consulté de spécialiste l'année précédente contre 40% pour le reste de la population. L'écart est plus important pour les enfants (58% contre 41%).

Pas de complémentaire santé

La raison est financière, alors même qu'existe la CMU (couverture médicale universelle) et sa complémentaire. Mais d'une part, les plus pauvres ne demandent pas toujours à en bénéficier, d'autre part, souligne l'étude, leurs ressources peuvent être supérieures au plafond requis pour l'affiliation (598,23 euros pour une personne). Ainsi, 22% des personnes ayant de faibles revenus n'ont pas de complémentaire santé (CMU comprise), contre 7% pour le reste de la population.

Or, certaines pathologies sont plus répandues chez les personnes pauvres, comme les maladies de l'appareil digestif (20% en souffrent contre 17%), les caries dentaires (11% contre 6% pour les adultes et 6% contre 2% pour les enfants) et, après 50 ans, les maladies de l'appareil circulatoire (rhumatismes, varices, arthrose ou maux de dos).

Plus faible prévention

Une moindre fréquentation médicale s'accompagne d'une plus faible prévention. En ce qui concerne le cancer, 34% des femmes de plus de 40 ans appartenant à des ménages modestes n'ont jamais réalisé de mammographie contre 19% des autres, et 12% des femmes entre 20 et 70 ans n'ont jamais réalisé de frottis gynécologique, contre 6% pour les autres. On retrouve ces écarts pour les tests de dépistage du VIH (sida). «Ces différences de pratiques de prévention sont essentielles, souligne l'étude, dans la mesure où elles contribuent à creuser encore l'écart entre les individus les plus pauvres et le reste de la population».
C. F. avec AFP
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