Une « alerte solennelle » qui risque de sonner dans le vide. Les dirigeants des cinq grandes confédérations syndicales françaises, la CGT, la CFDT, FO, la CFTC et la CFE-CGC, ont demandé « solennellement » au Premier ministre de renoncer à instaurer des franchises médicales, dans une lettre publiée hier. Ces franchises - 50 centimes à la charge du patient, par boîte de médicaments et acte paramédical, et 2 euros par transport sanitaire - sont prévues dans le projet de loi de financement de la Sécu, dont l'examen a commencé mardi à l'Assemblée nationale.
« Cette mesure préoccupe gravement les salariés et retraités », écrivent les leaders syndicaux. Redoutant le développement des assurances privées, les cinq ont souligné que les malades supportent déjà des « coûts très importants » : forfaits hospitaliers sur les consultations et actes médicaux lourds, et surtout, dépassements d'honoraires. D'autant plus que les recettes attendues, 850 millions d'euros par an, pèsent peu face au déficit chronique de l'assurance-maladie, supérieur à 10 milliards d'euros pour la seule année 2007.