ECONOMIE - Nouveau record à 88 dollars le baril à New York...
Pourquoi les prix augmentent?
Il y a plusieurs raisons à ce record, 88 dollars, atteint par le baril de «sweet light crude» à New York mardi. Raison conjoncturelle d’abord: les marchés pétroliers sont inquiets
par le regain de tension à la frontière turco-irakienne. Pour l’instant, la production des puits de pétrole du Kurdistan irakien n’est pas touchée, mais la possibilité d’une escalade militaire inquiète les marchés.
Ce n’est pourtant pas la raison majeure à la flambée des prix du brut. Ce qui inquiète véritablement les marchés, c’est la baisse des stocks de brut aux Etats-Unis, alors qu’un hiver rude s’annonce. Selon les analystes de la banque Goldman Sachs, le baril de brut pourrait encore augmenter de 8 dollars. Autant dire que la barrière psychologique des 100 dollars n’est pas loin.
La situation peut-elle s’inverser?
Pas sûr.
Les pays producteurs de pétrole (Opep) se réuniront à Riyad (Arabie saoudite) les 17 et 18 novembre prochains. Ils pourraient augmenter la production pour faire baisser les cours, mais cela ne semble pas être dans leurs intentions. Abdallah Al-Attiyah, ministre de l’Energie du Qatar, a récemment expliqué que le baril devrait atteindre 100 dollars pour compenser la baisse du dollar.
Quelles conséquences pour l’Europe?
L’Europe est un peu protégée grâce à l’Euro fort, pourtant tant décrié par Nicolas Sarkozy. En effet, les cours du pétrole sont exprimés en dollars. «Autant l'euro fort pénalise les exportations, autant du point de vue des matières premières, dont les cours sont exprimés en dollars, il y a un avantage pour le consommateur»,
explique Jean-Louis Schilansky, délégué général de l'Ufip (Union française des industries pétrolières). «L'euro fort continue à nous protéger, mais il ne compense pas l'augmentation du prix du brut.»
Doit-on s’attendre à des prix à la pompe en hausse?
Oui, selon Jean-Louis Schilansky, délégué général de l'Ufip: «La situation est très tendue. Les prix des carburants à la pompe sont repartis à la hausse. On est à deux ou trois centimes du prix record».
Selon l'Ufip, le super 95 se vendait ces derniers jours environ 1,30 euro le litre, et le gazole 1,13 euro, alors que les prix des carburants avaient atteint des records en juillet 2006 avec du super 95 à 1,35 euro et du gazole à 1,15 euro.
Pierre Koetschet (avec AFP)