EADS – Ils s’expliquent depuis 11h30 devant les députés sur l’achat de titres EADS, cédés par Lagardère en avril 2006…
Une décision autonome. La position de la Caisse des dépôts et des consignations (CDC) n’a pas changé d’un iota depuis vendredi: alors
qu’ils s’expliquent mardi devant les députés de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale, les responsables ont réaffirmé ne pas avoir pris part dans le groupe européen de défense et d'aéronautique EADS sur ordre de l’Etat.
Pas d’autorisation de l’Etat
«A ma connaissance, formellement, l'Etat n'a jamais et n'avait pas à donner une autorisation à la Caisse des dépôts et consignations pour prendre une participation dans EADS, simplement il avait à en être informé compte-tenu du caractère stratégique et délicat du secteur», a déclaré Philippe Auberger, ancien président de la Commission de surveillance de la CDC.
Alors pourquoi ne pas avoir informé Bercy sur la prise de participation de 2,25% du capital d’EADS? Thierry Breton l’a réaffirmé vendredi:
il n’a «jamais été prévenu» de cet achat, indiquant qu'il l’avait appris «par la presse». «Nous n'avons pas voulu informer l'Etat de cette opération. (...) On était avec d'autres investisseurs, dans une société cotée, une opération de marché», a assuré Dominique Marcel, directeur financier de la CDC, auditionné par la Commission des finances de l'Assemblée nationale aux côtés d'autres dirigeants de la CDC. «Si l'Etat nous donnait un conseil, il donnait un conseil à la Caisse des dépôts et il ne donnait pas de conseil aux autres investisseurs. L'exigence de confidentialité était totale», a-t-il ajouté.
Mutisme du Trésor
Ces déclarations accréditent la décision autonome,
ligne de défense de la CDC depuis vendredi. Pas de révélations, donc. En revanche, l’ancien président de la Commission de surveillance de la CDC, Pierre Hériaud, a laissé entendre mardi, lors de son audition devant les députés, que le Trésor avait eu un comportement ambigu sur le sujet. Selon lui, le représentant de la direction du Trésor est resté «totalement muet» lorsque l’achat a été évoqué en Commission de surveillance, les 26 avril, 21 juin et 12 juillet 2006.
Un mutisme mis en perspective par l'actuel membre de la Commission de surveillance, le député Jean-Pierre Balligand (PS), lors de la même audition. «Le Trésor participe toujours très activement aux commissions de surveillance. Il parle énormément et prend des cahiers de notes», a-t-il affirmé. Et d’ajouter : «Quand il ne parle pas, cela doit avoir une signification».
Par ailleurs, le directeur général de la CDC, Augustin de Romanet, a proposé lors de son audition la création d'un comité des investissements au sein de la CDC. Le comité des investissements «fonctionnera dans des conditions qui permettront de lui soumettre les opérations de marché les plus confidentielles» et «sera notamment compétent pour examiner a priori les investissements les plus importants» de la CDC, selon lui.
Sa. C. avec AFP