Les responsables de la Caisse des dépôts doivent s’expliquer

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Publié le 9 octobre 2007.

EADS – Ils interviennent mardi devant les députés, puis mercredi devant le Sénat…

C’est au tour des responsables de la Caisse des dépôts et des consignations (CDC) de s’expliquer, mardi, devant les députés, sur l’achat controversé d’actions EADS. Avec une question clé: la CDC a-t-elle acheté les titres sur ordre de l’Etat?
 
«Bras financier de l'Etat»
 
Présentée comme le «bras financier de l'Etat», la CDC a réaffirmé samedi n'avoir «ni demandé ni reçu d'autorisation de l'Etat pour l'achat de titres EADS» au printemps 2006, soit 2,25% du capital pour un montant d'environ 600 millions d'euros.
 
Ces actions ont perdu environ un tiers de leur valeur. Une moins-value, certes virtuelle, mais qui l'a néanmoins contrainte à passer une provision de 126 millions d'euros au titre de 2006. Or, selon le procès-verbal de la réunion de la Commission de surveillance de la CDC en date du 12 juillet, cité par «Le Monde», l'Etat a autorisé la Caisse à procéder à cette acquisition, «dans le cadre du pacte d'actionnaires» d'EADS réunissant l'Etat et le groupe Lagardère.
 
Défense de Breton
 
Entendu vendredi au Sénat, l'ancien ministre des Finances Thierry Breton, a affirmé avoir appris «par la presse» l'acquisition par la CDC d'une partie des 7,5% du capital d'EADS cédé par Lagardère. Une affirmation qui suscite à tout le moins le scepticisme, car si la Caisse est officiellement indépendante, elle entretient des relations étroites avec l'Etat, qui lui-même a toujours suivi avec beaucoup d'attention EADS. Ou Thierry Breton «ment, ou il est incompétent», a lancé dimanche le secrétaire général de la CFDT François Chérèque.
 
Cette affaire pose aussi la question de la gouvernance de la Caisse. Si la Commission de surveillance, qui chapeaute la CDC, s'est réunie 22 fois en 2006, soit toutes les deux semaines, la première mention d'EADS dans les procès-verbaux ne date que du 26 avril, soit plus de deux semaines après l'annonce officielle de rachat par la CDC, a-t-on appris lundi auprès de la Commission.
 
Le directeur général de la CDC de l'époque, Francis Mayer, décédé depuis, aurait donc agi sans en référer préalablement à la Commission de surveillance. C'est son successeur Augustin de Romanet, lui-même secrétaire général adjoint de l'Elysée au moment des faits, qui sera entendu mardi à l'Assemblée, de même que le directeur financier, Dominique Marcel, déjà en fonction en 2006.
 
L'ancien président de la Commission de surveillance, Philippe Auberger (UMP), sera aussi entendu par les députés, de même que Xavier Musca, directeur du Trésor depuis juin 2004.
Sa. C. avec AFP
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