Grèce: la zone euro met la pression sur Athènes pour parvenir vite à un accord sur les réformes

Les ministres des Finances de la zone euro ont accru vendredi ...

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Wolfang Schauble, ministre allemand des Finances aux côtés de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne et de Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe au meeting de la zone euro à Amsterdam, le 22 avril 2016

Wolfang Schauble, ministre allemand des Finances aux côtés de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne et de Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe au meeting de la zone euro à Amsterdam, le 22 avril 2016 — Bart Maat ANP

Les ministres des Finances de la zone euro ont accru vendredi la pression sur la Grèce pour parvenir à un accord la semaine prochaine sur ses réformes, brandissant de possibles nouvelles mesures d'austérité tout en promettant d'ouvrir l'épineux débat sur l'allègement de sa dette.

A l'issue d'une réunion à Amsterdam avec le Fonds monétaire international (FMI), le président de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem, a fait miroiter pour jeudi prochain une conclusion des discussions, engagées depuis l'automne, sur les réformes grecques.

«Nous visons une prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro jeudi pour conclure l'évaluation des réformes en Grèce et commencer les discussions sur la soutenabilité de sa dette», a déclaré le ministre néerlandais des Finances, lors d'une conférence de presse.

«Nous approchons de l'objectif, il faut franchir le dernier pas», a renchéri le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

La conclusion de cette évaluation doit permettre la poursuite des versements prévus dans le cadre du plan d'aide de 86 milliards d'euros décidé en juillet 2015, et d'ouvrir une discussion sur l'aménagement de la dette du pays, qui caracole à près de 180% du Produit intérieur brut (PIB).

Pour convaincre le FMI de participer à leur plan d'aide, les créanciers européens sont convenus de la possibilité d'un paquet de mesures supplémentaires qui serait imposé si la Grèce ne respectait pas les objectifs budgétaires fixés pour 2018.

Cette année là, celle de l'expiration de l'actuel plan d'aide, Athènes est en effet censé atteindre un excédent budgétaire primaire (avant paiement des intérêts de la dette) de 3,5% du PIB. Cet objectif est jugé irréaliste par le FMI, en tout cas son respect sur le long terme.

De son côté, le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, a accueilli plutôt froidement cette option de mesures supplémentaires, alors que la grogne monte dans son pays contre l'avalanche de réformes déjà à venir, notamment celle des retraites.

- Montrer que «la Grèce a franchi un cap»-

Devant des journalistes à Amsterdam, il exclu de légiférer maintenant. «Selon la loi grecque, il est impossible de légiférer 'sous conditions'», a-t-il dit. Et d'ajouter: «On ne peut pas proposer un vote disant qu'on fera ceci ou cela si jamais ceci ou cela se passe en 2018 ou 2019».

Il n'a toutefois pas fermé complètement la porte: «Nous sommes en discussion avec les Européens pour trouver un mécanisme d'engagement», a-t-il dit.

Les grands argentiers de la zone euro ont également convenu d'ouvrir l'épineux débat sur l'allègement de la dette grecque.

Le FMI a toujours insisté sur le fait que pour être viable pour la Grèce, le programme de réformes réclamées à ce pays devait s'accompagner d'un allègement de sa dette. L'Allemagne, qui plaide pourtant pour une participation du FMI au programme d'aide à la Grèce, a à maintes reprises affirmé son opposition à tout nouvel allègement de la dette.

M. Dijsselbloem a tout de suite mis les choses au point: «Il n'y a pas soutien au sein des 19 ministres des finances à un +hair cut+», c'est-à-dire à une réduction nette du montant de la dette grecque.

La directrice générale du Fonds monétaire, Christine Lagarde, a abondé dans son sens. «Je pense que l'on n'a pas besoin d'un +hair cut+», a-t-elle dit, évoquant de «multiples mécanismes» possibles pour rééchelonner la dette.

«Il est absolument crucial pour nous que le paquet global sur la dette et les réformes donne un signal clair aux citoyens grecs et européens, aux investisseurs grecs et internationaux, que la Grèce a franchi un cap», a imploré Euclide Tsakalotos.

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