Le vent du privé qui souffle sur la fonction publique n'a pas tardé à faire réagir les syndicats des intéressés. « C'est une extinction du modèle de la fonction publique à la française », s'est immédiatement indigné Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa-Education, deuxième fédération de l'Education, estimant que les fonctionnaires « attendaient autre chose sur les conditions de travail et de salaires ». Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, n'a pas mâché ses mots non plus, évoquant « un dynamitage des principes fondateurs de la fonction publique ».
De fait, même si le pacte de Sarkozy reprend un cheval de bataille classique de la droite, le chantier n'a jamais été ouvert aussi frontalement par un responsable politique. Pourtant, la réforme est dans l'air du temps. La question de la rénovation de ce statut, qui a 60 ans, est posée par de nombreux économistes. Les fonctionnaires eux-mêmes sont nombreux à épingler un système qui ne valorise pas le travail des individus. En Suède, depuis dix ans, des milliers de fonctionnaires, notamment enseignants, ont renoncé à leur statut pour un contrat privé. Des milliers d'autres ont quitté la fonction publique par reclassement. Mais le changement, effectué dans le consensus et à travers la négociation avec de puissantes forces syndicales, ne s'est pas fait sans contreparties importantes, notamment sur les salaires.