Illustration d'une armoire reliée à la fibre optique.
Illustration d'une armoire reliée à la fibre optique. - ROMUALD MEIGNEUX / SIPA

TELECOMMUNICATIONS Un décret paru vendredi oblige les fournisseurs d’accès à Internet à indiquer clairement quel type de fibre ils proposent à leurs abonnés…

Le gouvernement veut mieux encadrer l’usage du « mot » fibre dans les publicités pour l’accès à Internet des opérateurs de télécommunications. Afin de mieux informer les consommateurs et pour mettre fin à la confusion, un arrêté publié vendredi au Journal officiel (JO) doit entrer en vigueur le 1er juin 2016. Que va changer cet arrêté et comment démêler la vraie de la « fausse » fibre ?

Branchement en fibre optique « de bout en bout »

L’arrêté du gouvernement vient clarifier la définition du mot « fibre » et son emploi dans les supports de communication. En effet, les opérateurs fournissent en réalité deux types de fibre : la fibre à terminaison coaxiale (FTTB, de l’anglais Fiber To The Building qui signifie « fibre jusqu’à l’immeuble »), qui se termine au pied de votre immeuble, et la FTTH (de l’anglais Fiber to the Home, ce qui signifie « Fibre optique jusqu’au domicile ») qui vous connecte jusque chez vous.

    Quand on surfe sur Internet (débit descendant ou download), le débit est le même avec la fibre « jusqu’au logement » (FTTH) qu’avec la fibre « au pied de l’immeuble » (FTTB). En revanche, avec le FFTB, le débit est un peu plus faible lorsque l’on envoie des fichiers, des photos et des messages (débit montant ou upload). Pour cette raison, le décret oblige également les opérateurs à préciser la vitesse de connexion garantie en débit montant s’ils mentionnent dans leur publicité le débit descendant.

    Bataille entre les opérateurs

    A l’avenir, les fournisseurs d’accès à Internet ne pourront employer le terme de « fibre » que s’ils garantissent le raccordement du client par fibre optique jusque dans son logement (FTTH). Si le branchement chez l’abonné se termine avec une autre technologie que la fibre optique (câble ou cuivre), l’opérateur devra l’indiquer dans sa communication, en ajoutant la mention entre parenthèses « sauf raccordement du domicile ».

    Après Free, c’est SFR-Numéricable qui a dernièrement été pointé du doigt par ses concurrents. Orange a saisi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), accusant SFR de publicité mensongère sur son offre fibre. Le décret du gouvernement va donc obliger SFR à modifier ses publicités. Mais l’opérateur envisagerait un recours.

    1,4 million d’abonnés par fibre en 2015

    Ce décret intervient alors que les offres d’accès à Internet par fibre optique sont en plein essor. Cette technologie, qui permet d’atteindre des débits nettement supérieurs à ceux de l’ADSL, aurait séduit 1,4 million de Français fin 2015, soit une hausse de 55 % en un an selon l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (Arcep).

    L’Arcep a fait part de son approbation suite à la publication du décret vendredi, saluant dans un communiqué « la volonté du gouvernement d’éclairer le choix des utilisateurs, et de contribuer ainsi à établir la confiance et la transparence qui sont indispensables pour accompagner le cycle d’investissement dans les réseaux à très haut débit ».

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