Les Britanniques ont vécu un week-end de cauchemar pour tout petit épargnant. Vendredi, la huitième banque du pays, Northern Rock, a demandé un prêt d'urgence à la banque centrale anglaise pour échapper à la faillite, provoquant une ruée de milliers de clients aux guichets et la chute de 30 % de son cours en Bourse.
· Que s'est-il passé ? Depuis l'été, Northern Rock manque d'argent. Ses prêts sont bien supérieurs aux sommes déposées chez elle, et elle dépend donc largement des marchés pour se financer. Mais les prêteurs se font rares à cause de la crise de l'immobilier américain. Chacun craint que les autres ne soient exposés au « risque du subprime » : des produits financiers reposant sur des prêts hypothécaires non solvables.
· Que font les autorités ? Le gouvernement et les instances de régulation multiplient les appels au calme, assurant que Northern Rock reste solvable. Mais ceux qui ont plus de 50 000 euros d'économies ne sont pas sûrs de les retrouver.
· La France est-elle à l'abri ? Difficile à dire, tant les déboires des banques européennes, depuis cet été, sont compliqués à décrypter. Selon la presse anglaise, Northern Rock subit des pertes dans les « subprimes », et dans ses propres crédits, consentis sans prudence. Les médias soulignent aussi la faiblesse de ses fonds propres. A priori, l'immobilier et la santé des banques de l'Hexagone semblent plus solides. Reste qu'en l'absence d'informations précises sur les placements des banques, l'incertitude est bien là.