Le président de Volkswagen Amérique du Nord, Michael Horn, présente la nouvelle Passat à New York, le 21 septembre 2015.
Le président de Volkswagen Amérique du Nord, Michael Horn, présente la nouvelle Passat à New York, le 21 septembre 2015. - Kevin Hagen/AP/SIPA

AUTOMOBILE Michael Horn quitte l'entreprise alors que l'amende infligée au constructeur pourrait s'alourdir...

Il avait jusqu'ici survécu au scandale des moteurs truqués. Mais Volkswagen (VW) a annoncé mercredi le départ inattendu de son directeur général aux Etats-Unis, qui intervient au moment où les autorités américaines accentuent la pression sur le groupe dans le scandale des moteurs diesel truqués pour contourner les lois anti-pollution.

Michael Horn, 54 ans, qui était le patron du géant allemand aux Etats-Unis depuis janvier 2014, quitte le groupe avec effet immédiat, est-il précisé dans un communiqué. Sans donner de raison précise à ce départ, le groupe allemand parle d'un accord "mutuel" et indique que Horn s'en va poursuivre d'autres opportunités hors de l'entreprise groupe. Hinrich Woebcken, le nouveau PDG de VW en Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada et Mexique), va assurer l'intérim.

Tournée d'excuses ratée

Cette annonce tombe deux mois après une tournée d'excuses ratée aux Etats-Unis du nouvel homme fort du groupe, Matthias Müller, 62 ans, l'ancien patron de Porsche qui a succédé à Martin Winterkorn, emporté par le scandale.

Müller s'était en effet distingué en déclarant à la radio publique américaine NPR en janvier que VW n'avait pas menti aux régulateurs, prenant le contre-pied de la stratégie initiale du groupe reposant sur un mea culpa et l'engagement qu'il fera tout pour se racheter.

S'exprimant dans un anglais parfait, Michael Horn, entré chez Volkswagen en 1990, était en première ligne dans les discussions tendues entre les autorités américaines et le groupe allemand.

L'amende pourrait s'alourdir

Mardi, le ministère de la Justice (DoJ) a accru la pression sur VW en envoyant une demande d'informations supplémentaires, avait indiqué à l'AFP une source proche du dossier sous couvert d'anonymat. Le DoJ se demande, avait expliqué la source, si VW n'a pas abusé des incitations fiscales américaines puisque nombre de clients ayant acheté des véhicules au centre du scandale ont bénéficié d'un crédit d'impôt de 1.300 dollars destiné à l'achat des voitures "propres".

Ce nouveau front pourrait alourdir le montant de la pénalité financière qu'encourt Volkswagen aux Etats-Unis, où 600.000 véhicules sont affectés par l'affaire. Le constructeur automobile a reconnu au total avoir installé des logiciels truqueurs dans 11 millions de voitures dans le monde, un scandale qui a fait fondre la valeur de son titre en Bourse.

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