Des mineurs à la sortie de la mine de Daton, dans la province chinoise de Shanxi, le 20 novembre 2015.
Des mineurs à la sortie de la mine de Daton, dans la province chinoise de Shanxi, le 20 novembre 2015. - GREG BAKER / AFP

ÉCONOMIE Ce plan de licenciement s’explique avant tout par un ralentissement du marché immobilier…

Pour faire face à un ralentissement de sa croissance, Pékin s’apprête à licencier pas moins de six millions de personnes, affirme l’agence Reuters, qui cite deux sources proches de l’exécutif.

La Chine, seconde économie mondiale, a en effet vu son PIB croître de 6,9 %, contre 7,3 % l’année précédente.

Un coût inutile

Ce programme de licenciement, qui doit s’étaler sur les trois prochaines années, découle des restructurations menées entre 1998 et 2003, qui auraient conduit à quelque 28 millions de postes redondants, selon l’agence de presse.

Ce coût « inutile » est estimé à près de 11,2 milliards de dollars par an.

Des « entreprises zombies »

Le plan de licenciement cible les « entreprises zombies », entreprises déficitaires et maintenues à flot par Pékin. « L’émergence de ces entreprises “zombies” résulte avant tout d’un ralentissement du marché immobilier : il n’y a plus besoin de construire autant de logements qu’auparavant », indique l’économiste Agatha Kratz au Figaro.

« En l’absence de débouchés pour leur production, maintenir ces entreprises à flot contribue surtout à augmenter l’endettement chinois, et à capter des ressources importantes, lesquelles pourraient être mieux utilisées dans d’autres secteurs ».

Sept secteurs menacés

Aujourd’hui, pas moins de cinq secteurs industriels affiliés au bâtiment et aux travaux publics sont menacés. Les secteurs de la construction navale et du charbon le sont également, alors que le gouvernement a déjà échafaudé un plan pour diminuer la production de charbon de 500 millions de tonnes, sur trois à cinq ans.

Ce plan ne serait toutefois pas le plus ambitieux du gouvernement chinois, puisque la restructuration des entreprises d’Etat entre 1998 et 2003 avait entraîné le licenciement de 28 millions de salariés. Il pourrait néanmoins entraîner une grogne sociale, du fait des opportunités de reclassement moins nombreuses qu’auparavant.

« Le gouvernement a indiqué qu’il débloquerait 14 milliards d’euros sur les deux prochaines années pour la réinsertion des employés licenciés dans des secteurs comme la sidérurgie », a précisé la chercheuse à l’ECFR au Figaro. « Mais aucun détail n’a encore été communiqué concernant l’allocation de ces fonds ».

Mots-clés :