François Hollande, Manuel Valls et Myriam El Khomri le 2 septembre 2015
François Hollande, Manuel Valls et Myriam El Khomri le 2 septembre 2015 - ALAIN JOCARD / AFP

REVUE DE PRESSE Le projet de réforme du droit du travail du gouvernement dévoilé, la presse estime que François Hollande joue son «va-tout»...

Un nouveau sujet de discorde à gauche. Le projet de réforme du droit du travail du gouvernement dévoilé, la presse estime vendredi que François Hollande joue son « va-tout » en donnant un « coup de barre à droite » et en tentant un « big bang social ». Le gouvernement joue son « va-tout », et « c’est un grand coup de barre à droite », mais le « projet est ambitieux », analyse Yann Marec, du Midi Libre.

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La réforme serait un « sale coup pour la droite » et un « sale coup, aussi, pour la gauche », selon Nicolas Beytout de L’Opinion. Pour l’éditorialiste, le chef de l’Etat s’est « résolu, perdu pour perdu, à un big bang social, dernière chance pour lui de faire bouger les chiffres du chômage. »

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« En poker, cela s’appelle faire tapis »

Rarement enthousiaste quand il s’agit de politique gouvernementale, Yves Thréard du Figaro ne boude pas son plaisir, le projet est « ambitieux, voire révolutionnaire sur certains points ». « Même la droite, en son temps, n’est jamais allée aussi loin », souligne-t-il tout en taclant la droite : « si un président socialiste tente de se libérer de tabous, il serait bon qu’un prétendant républicain s’en débarrasse définitivement », conclut-il.

De son côté, dans L’Humanité, Maurice Ulrich évoque « l’effarante offensive du gouvernement et du Medef contre le Code du travail » au détour d’un éditorial consacré à Air France. « En poker, cela s’appelle faire tapis. Le gouvernement mise tous ses derniers jetons sur ce coup », pense également Matthieu Verrier de La Voix du Nord.

« Le chef de l’État peut se prévaloir d’être réformiste et à un an de la présidentielle, c’est toujours bon à prendre », constate Hervé Chabaud dans L’Union.

Valls et Hollande pourraient bien « perdre » leur emploi

Dominique Garraud, de La Charente Libre, note qu'« aucun gouvernement de droite n’aurait pu proposer la série de réformes contenues dans le projet de loi (…) sans s’exposer à brefs délais à une contestation politique et sociale d’ampleur. » Dans La Montagne, Bernard Stéphan fait chorus : le projet « bouscule les lignes comme jamais un gouvernement de gauche ne l’avait fait, comme jamais un gouvernement de droite n’avait pu le faire. »

« Si la droite avait voté cette loi, ce serait l’insurrection. Comme c’est la gauche, la résignation prendra le dessus », note dans La République des Pyrénées, Jean-Marcel Bouguereau qui prévient : « la gauche finira par le payer. Et très cher ».

« La droite, par principe, ne manquera pas de critiquer même si elle trouve que le projet va dans le bon sens. La gauche, elle, a déjà commencé à dénoncer une dérive libérale », résume Christophe Bonnefoy dans Le Journal de la Haute-Marne. « Pour tenter de sauver l’emploi des autres, Manuel Valls et François Hollande pourraient bien perdre le leur… », ironise Baptiste Laureau, dans Paris-Normandie

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