Le palais Brongniart, ex-Bourse de Paris, le 24 août 2015
Le palais Brongniart, ex-Bourse de Paris, le 24 août 2015 - ERIC PIERMONT AFP

INTERVIEW Depuis le début de l'année, le CAC 40 a perdu plus de 12%. Pourtant, c'est le moment de faire des affaires explique le spécialiste Philippe Crevel...

Avis de gros temps sur la Bourse de Paris. Depuis le début de l’année, le CAC 40 a perdu plus de 12 %. S’il a repris des couleurs mercredi, l’indice phare avait terminé mardi sous la barre des 4.000 points, une première depuis la mi-décembre 2014. Que faire dans ce contexte : vendre ou acheter ? Réponses avec Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne.

Pourquoi les bourses mondiales sont dans la tourmente

Les marchés boursiers dégringolent, le CAC 40 a perdu plus de 10 % depuis le début de l’année, est-ce justifié ?

Nous verrons bien dans les semaines qui viennent si cette baisse est justifiée, mais sur le constat, il est vrai que nous sommes dans un contexte de forte volatilité lié tout d’abord à l’importante liquidité des marchés. Depuis 2003 afin de relancer l’activité économique, les banques centrales américaines, européenne et japonaise ont introduit trois plus d’argent dans les circuits financiers.

A cela s’ajoute la très forte aversion des investisseurs pour le risque. Echaudés par la crise des subprimes de 2007-2008, la crise des dettes souveraines en 2001-2012, ils redoutent une crise de plus grande ampleur encore dans les mois à venir. Le chef économiste de la banque Natixis, Patrick Arthus explique d’ailleurs dans son récent ouvrage « La folie des banques centrales » que la prochaine crise sera pire.

Les inquiétudes sont aussi fortes sur la conjoncture économique ?

Oui. La Chine est en phase de ralentissement comme les pays émergents à l’image de la Russie. Les Etats-Unis, la première économie du monde, inspirent également quelques craintes, la croissance semblant avoir atteint un pic. La forte baisse des prix du pétrole, sous la barre des 30 dollars en janvier, du jamais vu depuis 13 ans, traduit cette inquiétude sur le niveau d’activité de la croissance mondiale. Les investisseurs afin de se couvrir choisissent des actifs réputés sûrs comme les emprunts d’Etat ce qui entraîne une baisse des marchés boursiers.

Les petits épargnants ont-ils alors aussi intérêt à vendre leurs actions ?

En Bourse, il ne faut jamais paniquer et surréagir en vendant ses actions dans la précipitation. Les Français ont trop tendance entrer en haut de cycle et de sortir par peur en bas de cycle, ce qui explique pourquoi depuis le début des années 2000, avec l’explosion de la bulle Internet, et les crises successives, le nombre d’actionnaires en direct est passé de 7 à 3 millions en France.

Nous sommes confrontés à un marché de montagnes russes. Contrairement à quelques idées reçues, c’est le bon moment pour les petits épargnants d’investir. Il y a des bonnes affaires à réaliser. Des secteurs ont été très touchés depuis le début de l’année comme la banque, l’assurance, l’aéronautique. Le tourisme aussi alors que c’est un secteur avec un fort potentiel. Il faut profiter de ces coups de tabacs pour investir à bon compte. Ce marché nerveux offre des opportunités. Bien sûr certaines valeurs peuvent encore baisser, mais elles finiront globalement par remonter à moyen terme d’ici trois à quatre ans. Sinon, cela peut aussi être l’occasion de toiletter son portefeuille et de prendre ses pertes pour réinvestir ailleurs. Par exemple, si vous êtes misé sur l’Amérique latine, recentrez-vous plutôt sur la zone euro où les perspectives de croissances sont meilleures.

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