Jérôme Cahuzac à son arrivée le 8 février 2016 au palais de justice de Paris
Jérôme Cahuzac à son arrivée le 8 février 2016 au palais de justice de Paris - LIONEL BONAVENTURE AFP

MOBILISATION Cent cinquante personnes ont tenté d’aller déposer des chaises devant le Palais de justice de Paris...

Elles préparent leur coup depuis des mois. Temps pendant lequel elles ont « réquisitionné » des chaises dans des banques pour dénoncer symboliquement l’évasion fiscale. Et ce lundi, quelque 150 personnes ont tenté d’aller les déposer devant le Palais de justice de Paris, à l’occasion du procès du compte caché de l’ex-ministre Jérôme Cahuzac.

« Ne pas uniquement faire le procès de Jérôme Cahuzac mais celui de l’évasion fiscale en général », c’est le message qu’ont voulu faire passer ces « faucheurs de chaises », lors d’un rassemblement à l’initiative des associations Attac, Les Amis de la Terre et ANV-COP21.

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« On nous dit que l’affaire Cahuzac a été un électrochoc, mais seules des mesurettes ont été prises depuis », a déclaré Thomas Coutrot, porte-parole d’Attac France. « Or, les banques françaises sont massivement implantées dans les paradis fiscaux », a-t-il dénoncé.

Réunis place du Châtelet, les manifestants ont tenté d’avancer vers le Palais de justice pour y déposer 196 chaises « réquisitionnées » selon eux en 2015 dans 39 agences de différentes banques, notamment BNP Paribas et HSBC. Ces banques sont accusées par ces militants de pratiquer l’évasion fiscale, qui représente « un manque à gagner de 60 à 80 milliards d’euros par an pour l’État français », selon le communiqué des organisateurs.

« On sait où est l’argent pour le climat »

Ces sommes devraient pouvoir servir à lutter notamment contre le réchauffement climatique, font-ils valoir. « On sait où est l’argent pour le climat, il est dans les paradis fiscaux », a affirmé Malika Peyraut, porte-parole des Amis de la Terre France. Les 196 chaises avaient à l’origine été confisquées en amont de la COP21 pour alerter sur « le lien entre le climat et l’évasion fiscale », a-t-elle expliqué.

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« Elles sont recherchées par la police »

Les « faucheurs de chaises », comme ils se dénomment, ont très vite été encerclés par des cordons de CRS, qui les ont empêchés d’atteindre le Palais de justice. Ils ont abandonné les chaises sur un pont sur la Seine.

« C’est paradoxal d’empêcher les citoyens de rendre les chaises à la justice, alors qu’elles sont recherchées par la police », a ironisé Jon Palais, porte-parole d’ANV-COP21, en référence aux convocations de « faucheurs de chaises » dans des commissariats à la suite de ces « réquisitions ».

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