La Bourse n'a pas applaudi la naissance de GDF-Suez, hier, les titres perdant 3 % dans la matinée. Le scénario négocié avec l'Elysée « manque de clarté » sur l'avenir de la branche environnement de Suez et la valeur de tout le groupe en Bourse, expliquait un responsable de salle de marché. Pour se rapprocher de celle de GDF, plus faible depuis dix-huit mois, Suez a accepté de filialiser ses activités dans l'eau et les déchets. Un montage destiné à rassurer les actionnaires de Suez puisqu'ils recevront des actions GDF et, en plus, les deux tiers des actions de Suez Environnement (la maison mère conservant le reste).
« Les marchés ont mal évalué le potentiel de la fusion » qui rassemble « les ressources de GDF avec l'implantation mondiale de Suez », réagissait hier l'économiste Jean-Marie Chevalier, auteur des Grandes Batailles de l'énergie. « GDF ne pouvait pas peser seul sur un marché du gaz en pleine expansion », a expliqué ce spécialiste, qualifiant de « très habile » le compromis. La balle est dans le camp des actionnaires et, si les groupes jouent la prudence en lui demandant son avis, dans celui de la Commission européenne.