Sauf coup de théâtre, la saga Suez-GDF devrait se terminer avant l'ouverture de la Bourse ce matin, avec l'annonce d'une fusion qui a été négociée d'arrache-pied ce week-end avec l'Elysée. Le conseil d'administration de Gaz de France a voté hier soir à une large majorité en faveur de cette fusion. Hier après-midi, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, saluait sur RTL « la naissance d'un géant français de l'énergie », estimant que Sarkozy avait réussi là où Villepin a échoué, après que Suez a accepté de filialiser ses activités dans l'environnement.
Mais la privatisation de GDF, rejetée par Sarkozy en 2004, est enclenchée. « L'Etat est le premier actionnaire [34 %], », s'est défendu Guéant, tandis que la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, assurait qu'il aurait « un contrôle supérieur à une minorité de blocage ». L'Etat pourra « dire non à tout changement, à l'augmentation de capital, à l'entrée de nouveaux actionnaires », a-t-elle affirmé. Sans rassurer les détracteurs. Après la CGT-Energie, samedi, le Parti communiste a agité hier le spectre de la hausse des prix si le gaz devenait « une marchandise comme une autre ».