Le ministre des Finances Michel Sapin à son arrivée le 28 janvier 2016 à l'Elysée à Paris
Le ministre des Finances Michel Sapin à son arrivée le 28 janvier 2016 à l'Elysée à Paris - BERTRAND GUAY AFP

ARGENT Le ministre des Finances commence aussi à se pencher sur les frais bancaires...

Limiter le cash. C’est l’une des priorités de Michel Sapin, le ministre des Finances. Elle n’est pas nouvelle : en mars, il avait déjà abaissé le plafond des paiements en espèces de 3.000 à 1.000 euros. Cette mesure, effective depuis le 1er septembre dernier, avait été prise dans le cadre de la lutte contre le financement du terrorisme, mais elle avait également pour ambition de combattre la fraude fiscale.

Sapin veut désormais aller plus loin. Son nouvel objectif, réaffirmé ce lundi au sortir de sa réunion avec le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), qui réunit les représentants des banques, des assurances et des consommateurs : permettre aux citoyens de régler leurs achats par carte bancaire dès le 1er euro.

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Un comparateur des tarifs bancaires

Si certaines enseignes le permettent déjà, c’est rarement le cas chez les petits commerçants. Et pour cause : ce mode de réglement leur coûte. Les banques appliquent en effet des frais en partie fixes sur les terminaux de paiement. Ces derniers, appelés «commissions interbancaires de paiement», pénalisent les petits achats.

Mais cela est en train de changer. D’abord parce que depuis le 9 décembre, la partie fixe de ces frais a été supprimée. Quant à la partie variable, elle ne peut plus dépasser 0,23 % de la valeur de transaction. « Les commissions interbancaires sont maintenant proportionnelles au montant de la transaction », se réjouit Sapin, qui assure que ces frais vont encore baisser « notamment sur les petits montants ».

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Le ministre espère une avancée rapide alors que les contrats liant les commerçants aux banques doivent être renégociés d’ici à la fin du premier semestre. Parallèlement, Sapin commence à s’intéresser aux frais bancaires. Il a présenté ce lundi « le premier comparateur public des tarifs bancaires », lancé sur Internet. Gratuit, cet outil permet aux citoyens « de comparer les tarifs des services de base, comme les virements, les prélèvements ou les cartes bancaires » et ce, par département.

Les frais de tenue de compte

Quel projet politique poursuit Michel Sapin en lançant un tel comparateur ? Le ministre s’est montré peu disert sur cette question. Il a seulement martelé qu’il souhaitait « davantage de transparence pour favoriser la mobilité bancaire » des citoyens. S’il vient de commander au CCSF un rapport sur les frais de tenue de compte, il semble encore très loin de vouloir prendre des mesures drastiques en la matière.

Les banques peuvent donc souffler, à l’inverse des comparateurs privés, qui font grise mine comme le prouve la réaction de Diane Larramendy, directrice générale de Lelynx.fr : « Nous trouvons dommage que l’Etat lance, aux frais des contribuables, un service déjà proposé par des entreprises et qui fonctionne très bien. Alors que la puissance publique surveille de près chaque dépense, nous trouvons cela plutôt incongru. Nous avons d’ailleurs des doutes sur la capacité de l’Etat à financer, sur le long terme, un service qui, pour être bien réalisé, mobilise une dizaine de personnes à temps plein ».

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