Des ouvriers chinois, le 1er février 2016 lors de l'inauguration de la 1ère usine Renault en Chine
Des ouvriers chinois, le 1er février 2016 lors de l'inauguration de la 1ère usine Renault en Chine - JOHANNES EISELE AFP

Renault a inauguré lundi sa première usine en Chine, le constructeur français réalisant une implantation industrielle tardive sur le plus gros marché automobile mondial, où la marque au losange demeure confidentielle.

Renault a inauguré lundi sa première usine en Chine, le constructeur français réalisant une implantation industrielle tardive sur le plus gros marché automobile mondial, où la marque au losange demeure confidentielle.

«C'est la première grande étape» pour le développement de Renault sur un marché crucial dont il restait quasi-absent, a déclaré son PDG Carlos Ghosn, lors d'une cérémonie au cœur des installations flambant neuves à Wuhan (centre), importante métropole industrielle sur le fleuve Yangtsé.

Fruit d'une coentreprise avec le deuxième constructeur chinois, Dongfeng, l'usine a fait l'objet d'un investissement de 870 millions d'euros et dispose d'une capacité de production initiale de 150.000 véhicules par an.

Dans un premier temps, il assemblera le Kadjar, le dernier-né des «crossovers» de Renault, dans une version légèrement modifiée pour séduire les consommateurs chinois, très friands de 4x4 urbains (SUV). Puis un deuxième crossover, le D-SUV, sortira courant 2016 de ses chaînes.

«La demande (de SUV) explose en Chine. On arrive tard mais avec le bon produit», observe Jacques Daniel, directeur de la coentreprise, tout en reconnaissant que l'implantation se fait dans une «conjoncture pas facile».

Les ventes automobiles en Chine ont progressé de 4,7% l'an dernier, à 24,6 millions de véhicules, mais cela marque un net ralentissement par rapport aux bonds de 14% et 7% constatés en 2013 et 2014, sur fond d'assombrissement économique, de turbulences boursières et de restrictions des immatriculations dans les grandes métropoles.

- 'Potentiel de croissance'-

Pourtant, la Chine reste «un moteur de croissance de l'industrie automobile mondiale» et occupera «une place centrale du prochain plan» stratégique de Renault, a insisté Carlos Ghosn lundi.

«Pour nous, la Chine, ce n'est que des opportunités» à saisir, a-t-il ajouté devant quelques journalistes, réitérant son ambitieux objectif d'atteindre à terme 3,5% de part de marché dans le pays.

Renault n'arrive «pas après la bataille», renchérissait M. Daniel, se disant «confiant sur le potentiel» d'un marché aux volumes colossaux, dopé par l'urbanisation accélérée du pays.

La Chine pourrait servir de précieux relai de croissance au groupe français, qui voit ses ventes trébucher sur des marchés phares, notamment en Amérique latine.

Renault était l'un des derniers grands constructeurs occidentaux à ne pas disposer de présence industrielle en Chine, où il faisait jusqu'alors de la figuration --laissant son partenaire japonais Nissan y faire cavalier seul.

La marque au losange a importé en Chine quelque 30.000 véhicules seulement en 2014 -- et moitié moins en 2015 --, essentiellement des 4x4 urbains fabriqués en Corée du sud.

Son concurrent français PSA Peugeot Citroën --installé de longue date et également adossé à Dongfeng, avec qui il possède trois usines à Wuhan-- écoule lui plus de 700.000 unités par an dans le pays.

- 'Excellent présage' -

Renault profite à plein de l'expérience chinoise de Nissan, lui aussi en coentreprise avec Dongfeng, ce qui lui a permis d'optimiser les délais et les coûts.

L'usine de Wuhan, dont la première pierre avait été posée il y a juste 24 mois, est «un copié-collé» d'installations de Nissan en Chine, les employés locaux ont été formés dans les usines du nippon, et le français pourra s'appuyer sur le même réseau de fournisseurs.

C'est par ailleurs à Wuhan que Renault produira à partir de 2017 une voiture électrique basée sur la plateforme de sa berline Fluence, destinée à Dongfeng et sous marque locale --pour pouvoir bénéficier des subventions chinoises.

Si les volumes en resteront limités, Carlos Ghosn a indiqué lundi que le constructeur réfléchissait déjà à élaborer une voiture électrique «à prix abordable» et «à bas coût», propre à séduire la Chine comme d'autres pays en développement.

«Sur les marchés émergents, on vend encore des quantités anecdotiques de véhicules électriques», alors que les modèles Zoé et Leaf conçus par Renault-Nissan y sont «trop chers», a-t-il noté.

Renault dispose également d'une licence chinoise pour fabriquer des véhicules utilitaires, mais «il est trop tôt» pour dire s'il le fera, a rappelé M. Ghosn, la priorité allant aux crossovers.

Sur le sort de ces derniers, la neige qui s'est abattue dimanche sur Wuhan était jugée de bon augure, à en croire Li Li, une cadre chinoise de l'usine: «Neige du début d'année est un excellent présage pour la réussite des affaires!»

Témoin des ambitions de Renault, le site de Wuhan, étendu sur 95 hectares et fort de 2.000 employés, est d'ores et déjà conçu pour voir sa capacité de production doublée à 300.000 voitures par an, même si aucun calendrier n'a été dévoilé.

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