«On a envie de le suivre, ça fait chaud au cœur»

REACTIONS – Des patrons de PME reviennent à chaud sur le discours économique du chef de l’Etat...

Propos recueillis par Guillaume Guichard

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Nicolas Sarkozy fait la bise à la présidente du Medef Laurence Parisot

Nicolas Sarkozy fait la bise à la présidente du Medef Laurence Parisot — reuters

Trois patrons de PME réagissent à chaud, pour 20Minutes.fr, après le discours de Nicolas Sarkozy sur l’économie. Et ils n’ont pas retenus les mêmes choses.

Gilbert Derderian, membre du conseil d’administration de la société Beaver, start-up
J’ai eu en face de moi un mec qui était un battant, qui s’est comporté comme une chef de PME. Je me suis retrouvé : moi, quand je m’adresse à mes huit collaborateurs, je parle comme ça. On a envie de le suivre, ça fait chaud au cœur.

Sur le fond, j’ai retenu un discours très généraliste et j’ai aimé qu’il ait placé le capital humain au centre. Il dit: «travaillons ensemble». Il a raison, il faudra bien regagner la confiance des syndicats, regagner la confiance de la base, de nos salariés pour retrouver de la productivité.


Frédéric Chaput, PDG de Wildcat, spécialisé dans l’emballage
J’ai apprécié la posture de Nicolas Sarkozy : «Moi je réforme l’Etat, vous les patrons, vous devez mettre les gaz». C’est du donnant-donnant. Il a appelé les patrons à endosser leurs responsabilités en termes de pouvoir d’achat, je trouve ça bien, cet appel à la co-responsabilité. Il a bousculé les grands patrons.

J’ai aussi aimé l’idée de concentrer les aides aux PME qui ont une réelle volonté de croître plutôt que de saupoudrer les subventions pour tout le monde. Il y a trop de patrons flemmards qui gèrent leur boîte sans chercher à aller plus loin. C’est la différence entre les PME françaises et les PME allemandes. Les entrepreneurs qui ont envie de grandir, de bouger, doivent être plus soutenus.

Christian Chervallier, PDG de Erse, fabricant de batteries

Il n’a cité qu’une seule fois le mot «PME» en 40 minutes. Pour moi, ce n’est pas ça, se préoccuper des PME. Et puis, j’ai besoin d’informations plus concrètes. Il parle de baisse des charges. Lesquelles? Il veut qu’on augmente les salaires. Comment? Nicolas Sarkozy n’a pas mentionné l’impôt forfaitaire, un impôt qu’il a lui-même condamné pendant sa campagne comme «l’impôt sur les pertes». En effet, que l’entreprise perde ou gagne de l’argent, elle doit payer ces quelque 2.000 euros. Alors c’est sûr, ça n’intéresse pas les grands patrons. Par contre, ceux des petites entreprises, ça leur parle Je n’ai pas retiré une seule information intéressante de son intervention.

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