Croissance économique plus forte que prévu en France au premier trimestre, de 0,6% au lieu de 0,4%
Croissance économique plus forte que prévu en France au premier trimestre, de 0,6% au lieu de 0,4% - Philippe Huguen AFP

CONJONCTURE Selon l’Insee, l’impact sur l’activité serait de 0,1 point de PIB, soit l’équivalent de deux milliards d’euros….

L’estimation avancée par le ministère de l’Economie deux semaines après les attentats qui ont ensanglanté Paris le 13 novembre se confirme. Selon la dernière note de l’Institut national des statistiques et des études économiques (Insee) diffusée ce jeudi, ils risquent de peser pour 0,1 % sur la croissance française, soit grosso modo l’équivalent de deux milliards d’euros. Après une hausse du PIB de 0,3 % au troisième trimestre, la croissance ne progresserait donc plus que de 0,2 % sur les trois derniers mois de l’année.

L’hébergement et la restauration affectés

Pour arriver à ce calcul, outre les « premiers éléments disponibles à partir des réponses aux enquêtes de conjoncture », l’Insee se base sur les précédents historiques comme les attentats de l’été 1995, qui avaient entraîné une baisse de trois points des dépenses en hébergement-restauration.

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Un chiffre qui correspondrait aujourd’hui à une chute de 30 % de l’activité du secteur en Ile-de France pendant un mois. Interrogé par 20 Minutes, la semaine dernière, un responsable du Syndicat national des hôteliers restaurateurs cafetiers traiteurs détaillait l’impact sur le chiffre d’affaires des professionnels depuis un mois avec des baisses de 25 à 30 % dans la restauration surtout le soir et un plongeon des réservations dans les hôtels de plus de 50 % dans l’est parisien.

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Sans compter le repli des autres dépenses de loisirs comme les concerts. Certaines salles ont en effet été désertées en région parisienne, après l’attaque au Bataclan.

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Et l’Insee s’attend à ce que d’autres secteurs liés au tourisme soient affectés d’ici à la fin de l’année, comme les services de transports aériens et ferroviaires. Air France a déjà chiffré le manque à gagner à quelque 50 millions d’euros, constatant une baisse des réservations. Dans la semaine qui a suivi les attentats, la fréquentation des transports en commun avait de son côté diminué de 10 %.

Du « tonus » pour début 2016

La question pour l’Insee est de savoir jusqu’à quand les effets des attentats vont peser sur l’économie française. Dans sa note, l’Institut estime que la croissance devrait reprendre du « tonus » début 2016 en progressant de 0,4 % au premier et au second trimestre.

En effet, le moral des chefs d’entreprise est au plus haut depuis quatre ans notamment dans l’industrie, le secteur du bâtiment semble avoir mangé son pain noir. Résultat, grâce aux allégements de charge du CICE et du pacte de responsabilité, « les créations d’emploi resteraient robustes », soit +73 000 au premier semestre. Ceci permettrait au taux de chômage, au plus haut depuis 1997, de s’élever à 10,4 % en France à la mi-2016, contre 10,6 % (10,2 % en métropole) aujourd’hui.

« Mais cette évaluation demeure fragile et incertaine par nature », prévient l’Insee. Car « les craintes suscitées par les attentats du 13 novembre pourraient conduire » les ménages « à différer plus fortement qu’attendu leurs dépenses, et enrayer plus encore la reprise en cours. A l’inverse, elles pourraient se dissiper plus vite qu’attendu : le rebond de la consommation pourrait notamment surprendre à la hausse dès le premier trimestre 2016. »

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