CRISE FINANCIERE – Des spécialistes alertent les Banques centrales...
L’incertitude sur l’ampleur de la crise des prêts hypothécaires à risque aux Etats-Unis affole les marchés. Et fait craindre le pire, à savoir la contamination de l’économie réelle par les marchés paniqués. Les analystes redoutent plus que tout des ventes de panique. C’est-à-dire des ventes irrationnelles d’actions de la part des investisseurs et des petits actionnaires provoquant l’effondrement des cours.
«La peur taraude les marchés financiers», témoigne Gavin Redknap de Standard Chartered. «La confiance du marché recule et les acteurs sont incapables de se calmer à l'heure actuelle, souligne Kazuhiko Shibat, de la Dresdner Bank. D'autant que l'étendue du problème reste difficile à évaluer.» La complexité des montages servant à financer les «subprimes» et l'absence de clarté sur qui est touché nourrissent cette peur.
Contagion inévitable
La contagion de l’économie réelle est jugée «inévitable» par certains spécialistes. «On commence à craindre que la perturbation des marchés de crédit, couplée à la peur des investisseurs, ne commence à se transmettre à la croissance mondiale et aux bénéfices des entreprises, et que les marchés ne soient au début d'une spirale négative», explique John Noonan, de Thomson IFR Markets.
«Les banques centrales doivent agir dès jeudi de manière forte et concertée pour interrompre cette spirale», plaide Jonathan Wilmot de Credit Suisse. Philippe Waechter, analyste à Natixis, insiste: «les banquiers centraux n'ont pas réussi à déminer les inquiétudes (en injectant massivement des liquidités au cours des derniers jours, ndlr), aujourd'hui il faut une intervention coordonnée, qu'ils fassent cause commune.»