Le Financial Times perturbe le marché des changes en informant par erreur sur la BCE

Sous tension avant la décision importante de la Banque centrale ...

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Le groupe Financial Times publie le quotidien du même nom, véritable bible des milieux d'affaires, mais dispose aussi d'un large lectorat abonné à ses offres électroniques

Le groupe Financial Times publie le quotidien du même nom, véritable bible des milieux d'affaires, mais dispose aussi d'un large lectorat abonné à ses offres électroniques — NIKLAS HALLE'N AFP

Sous tension avant la décision importante de la Banque centrale européenne, le marché des changes a été perturbé par une annonce erronée du Financial Times qui a affirmé pendant quelques minutes que l'institut de Francfort maintenait sa politique inchangée.

Une dizaine de minutes avant l'heure prévue de publication de la décision de la BCE, le FT a publié un article affirmant que la BCE contredisait les attentes en maintenant en l'état sa politique monétaire. Au même moment, il tweetait sur son compte pour les informations sur les marchés: «La BCE maintient ses taux inchangés, une décision choc».

La plupart des analystes et des opérateurs du marché s'attendaient à ce que la BCE assouplisse sa politique monétaire, aussi ces informations ont-elles poussé un certain nombre de cambistes à racheter des euros: l'euro, qui avait baissé quelques minutes plus tôt à 1,0542 dollar, à proximité de son plus faible niveau depuis sept mois, est alors remonté au-delà de 1,06 dollar.

L'article et le tweet ont été rapidement effacés mais d'autres médias les avaient repris entretemps, comme Bloomberg, dont les informations financières sont très suivies par les acteurs du marché sur des terminaux dédiés.

De nombreuses transactions, qui pourraient avoir porté sur des milliards de dollars, avaient donc déjà été accomplies avant que l'erreur ne soit pointée. Le marché des changes brasse en effet quelque 5.300 milliards de dollars par jour en moyenne, aussi la moindre distorsion peut faire rapidement perdre, ou gagner, des fortunes à ses acteurs.

Publiée comme prévu à 12H45 GMT, la décision de la BCE a fait ensuite état de l'abaissement d'un de ses taux directeurs, afin de stimuler l'activité économique et de relancer la faible inflation en zone euro. Après une rechute initiale de l'euro face au dollar à la suite de cette annonce, la monnaie unique est repartie nettement à la hausse, jusqu'à près de 1,09 dollar, des opérateurs ayant tablé sur des mesures d'assouplissement plus fortes.

- Note d'excuse -

«Le marché a été un peu parasité par le couac du Financial Times annonçant, par erreur, le maintien des taux inchangés», a souligné Christopher Dembik, analyste chez Saxo Banque.

Véritable bible des milieux d'affaires, le FT a publié peu après une note d'excuse sur son site internet pour expliquer sa publication erronée.

«Cet article était faux et n'aurait pas dû être publié. Il constituait l'un des deux articles préparés par avance - et couvrant différentes décisions possibles - avant l'annonce. En raison d'une erreur d'édition il a été publié alors qu'il n'aurait pas dû l'être. Des transmissions automatiques ont impliqué que cette erreur initiale a été reproduite immédiatement sur Twitter», a expliqué le célèbre quotidien aux pages saumon.

«Le FT regrette profondément cette erreur grave et va immédiatement revoir ses processus de publication et de gestion des tâches de façon à ce qu'une erreur de ce type ne se reproduise pas. Nous nous excusons auprès de tous nos lecteurs», a-t-il ajouté.

Le groupe Financial Times évalue à 750.000 la diffusion du quotidien du même nom, dont 550.000 souscriptions payantes à son édition en ligne, un format sur lequel il est souvent présenté comme plutôt bien placé. Il diffuse pour ses abonnés électroniques des informations en temps réel et est de surcroît très actif sur les réseaux sociaux.

Crée il y a 127 ans et basé à Londres, le Financial Times est passé ce lundi sous le contrôle du groupe japonais d'informations financières Nikkei qui l'a acheté pour 844 millions de livres (1,2 milliard d'euros) à l'éditeur britannique Pearson.

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