Le siège des laboratoires Servier à Gily (Loiret).
Le siège des laboratoires Servier à Gily (Loiret). - GUILLAUME SOUVANT / AFP

INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE Le groupe pharmaceutique a annoncé ce jeudi la forte réduction de ses activités de marketing médical en France...

Voilà qui ne va pas aider Servier à se refaire une bonne réputation en France, après le scandale du Mediator. Le groupe pharmaceutique a annoncé ce jeudi une refonte de son modèle de croissance, avec à la clé la suppression nette de 610 emplois sur 690 dans ses activités de marketing médical dans le pays.

« C’est un projet difficile, mais nécessaire pour sauvegarder la compétitivité » de Servier, dans un contexte de marché de plus en plus délicat, a justifié le président du groupe, Olivier Laureau, cité dans un communiqué.

Selon un salarié joint par l’AFP, la restructuration a été « brutalement annoncée aujourd’hui aux directeurs régionaux et délégués du personnel », une réunion suivie par l’envoi d’un courrier à l’ensemble du personnel alors « qu’ils nous disaient encore il y a une semaine de ne pas nous inquiéter ».

Pertes de brevets, déremboursements

Servier est « pénalisé par des pressions concurrentielles, réglementaires et économiques », comme des pertes de brevet, la progression rapide des génériques, les déremboursements ou des baisses de prix imposées, et par la « complexité » à développer de nouvelles solutions thérapeutiques, selon le communiqué du groupe.

Ses ventes en France hors génériques devraient s’établir à 241,6 millions d’euros pour son exercice décalé 2014/2015 clos au 30 septembre, selon des chiffres préliminaires. Soit deux fois moins qu’il y a cinq ans.

Par ailleurs, 92 % de ses ventes hors génériques sont réalisées hors de France, qui n’est plus que son troisième marché, derrière la Russie puis la Chine.

Et à l’heure actuelle « plus de 80 % » des ventes de Servier proviennent de « médicaments qui ne sont plus protégés ou qui vont tomber dans le domaine public d’ici 2019 », a averti Olivier Laureau dans sa lettre au personnel.

Au total, Servier compte plus de 21 000 salariés dans le monde, dont 5 000 en France, où sa réputation est sérieusement écornée par le scandale de son médicament Mediator, à l’origine de graves lésions des valves cardiaques. Le 22 octobre, au civil, le tribunal de grande instance de Nanterre a reconnu pour la première fois la responsabilité des laboratoires Servier, estimant qu’ils avaient laissé sur le marché un médicament « défectueux » dont ils ne pouvaient « ignorer les risques ». La fin de l’enquête au pénal, le volet principal de l’affaire, a été quant à elle repoussée par la cour d’appel de Paris vendredi dernier.

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