Les comparateurs d'autocar profitent eux aussi de la libéralisation du marché

Autocar, train, covoiturage... près de trois mois après la libéralisation du marché de l'autocar en France, les comparateurs en ligne de billets de bus s'adaptent à cette nouvelle offre, pour se tailler eux aussi une part du gâteau.

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Près de trois mois après la libéralisation du marché de l'autocar en France, les comparateurs en ligne de billets de bus s'adaptent à cette nouvelle offre

Près de trois mois après la libéralisation du marché de l'autocar en France, les comparateurs en ligne de billets de bus s'adaptent à cette nouvelle offre — Philippe Huguen AFP

Autocar, train, covoiturage... près de trois mois après la libéralisation du marché de l'autocar en France, les comparateurs en ligne de billets de bus s'adaptent à cette nouvelle offre, pour se tailler eux aussi une part du gâteau.

Ils s'appellent Kelbillet, Comparabus, GoEuro, Vivanoda, Busradar. Chez eux, pas ou peu d'avions, contrairement aux géants Opodo ou Liligo. Mais du bus, du train, du covoiturage. La loi Macron, votée au mois d'août, et qui a libéralisé le transport longue distance par autocar en France, leur a ouvert un nouveau marché.

«C'est une opportunité. On doit être réactifs sur le marché. L'enjeu est d'avoir une base de données à jour. C'est le secteur prioritaire pour le développement du site», commente à l'AFP Nicolas Pellier, fondateur de Vivanoda, site à l'interface très design.

Il revendique 230.000 à 250.000 visites par mois, et fait part, «depuis six mois, (d')une grosse progression de la demande sur les trajets par car», qui représentent «30 à 40% des redirections depuis cet été».

Qu'ils proposent des voyages en autocar uniquement, ou au contraire le comparatif avec d'autres modes de transport, le plus important pour les comparateurs est de nouer des partenariats avec les différents opérateurs.

L'allemand Busradar, qui se positionne sur le marché français, indique ainsi avoir conclu un «partenariat avec chaque opérateur» d'autocar, et est «en train d'intégrer le train», y compris la SNCF.

Pour Malte Cherdron, directeur opérationnel de GoEuro - présent dans plusieurs pays européens et qui s'adresse également aux touristes américains- «la SNCF a un intérêt économique» à autoriser leur site à vendre directement des billets de train, car cela leur apporte des «usagers supplémentaires», notamment des étrangers qui viennent voyager en Europe.

- Rémunération au clic ou à l'achat -

Le site dédié à l'autocar Kelbus - issu du comparateur Kelbillet - a lui aussi vu sa fréquentation augmenter «de manière très importante», selon son créateur Yann Raoul, qui évoque un «taux de croissance à 4 chiffres».

«C'est vrai qu'on partait de loin», concède-t-il. L'ensemble des deux sites - Kelbus et Kelbillet - cumulent trois millions de visites par mois.

Même écho chez Comparabus, qui affiche actuellement 50.000 visiteurs uniques par mois, un nombre qui, depuis le printemps, «double tous les mois», se réjouit son fondateur Rémy Mellet.

«Nous avons observé une croissance d'environ 400% (entre 2 mois précédents et 2 mois suivants la libéralisation). Si l'on se base sur la croissance observée durant ces 60 derniers jours, à la même période l'année prochaine, le marché des bus en France a toutes ses chances de devenir l'un des plus importants d'Europe», souligne Jenna Salort, porte-parole de GoEuro.

Une centaine de villes françaises devraient être desservies par l'autocar d'ici la fin de l'année, selon le ministre de l'Economie Emmanuel Macron. La libéralisation de l'autocar a permis la création de 700 emplois, et 250.000 passagers ont été transportés depuis l'été passé, contre 110.000 sur l'ensemble de 2014.

Busradar revendique, Outre-Rhin, un million de visiteurs mensuels, et vise la même chose en France, explique Vincent Betker, en charge du marché français.

Le chiffre d'affaires provient, en plus de la publicité sur le site, d'une commission versée par les opérateurs en cas d'achat, «le client paie le même prix mais la compagnie nous rémunère», détaille Vincent Betker.

Si aucun de ces comparateurs ne communique son chiffre d'affaires, le modèle économique est similaire, avec une rémunération au clic pour certains, à l'achat pour d'autres.