Sarkozy fait pression sur la Chine

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Publié le 23 juillet 2007.

MONNAIES - Le président français veut un yuan plus cher...

Nicolas Sarkozy s’en prend à la Chine. Et attaque une nouvelle fois l’indépendance de la Banque centrale européenne, analyse le «Financial Times». Le président français a déclaré la semaine dernière que la monnaie chinoise, le yuan, était sous-évalué, c’est-à-dire trop bon marché comparé à l’euro. Une manière aussi de critiquer la politique de change de la BCE, gardienne de l’euro.

Paris veut aborder le sujet de la monnaie chinoise à l’automne, lors de la prochaine réunion de l’Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances des pays de la zone euro. Et juste avant le sommet Union européenne-Chine de novembre. Le cours du yuan est déterminé non pas par les marchés financiers, comme c’est le cas pour le dollar ou l’euro par exemple, mais par le gouvernement chinois. Or, ce dernier cherche à le conserver relativement bas pour favoriser ses exportations et son développement économique.

«Pistolet sur la tempe»

En tous les cas, cette sortie de Nicolas Sarkozy irrite Bruxelles. «Nous n’obtiendrons rien en plaçant un pistolet sur la tempe de Pékin», déclare un fonctionnaire européen au «Financial Times». Cette manière de faire jure avec la politique très douce de Jean-Claude Jüncker, ministre des Finances luxembourgeois et président de l’Eurogroup, vis-à-vis de la Chine. Une approche soutenue par la BCE et la Commission.

«Nous devons convaincre Pékin qu’il porte une grande responsabilité dans l’équilibre du système de change international mais on ne peut pas faire directement pression», explique au «Financial Times» un porte-parole de Jean-Claude Jüncker.

Le soutien de Berlin

Cependant, Berlin pourrait venir supporter Paris dans sa demande d’un débat sur la politique de change européenne. L’Allemagne voit d’un mauvais oeil les pays comme la Chine qui influencent trop fortement le cours de leurs monnaies.

D’après le traité européen, la politique de change est fixée à la fois par les ministres des Finances de l’Eurozone et la BCE. Dans les faits, cette dernière a toujours eu la main libre.
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