On n’a jamais bu autant de café dans le monde

ALIMENTATION La consommation de café a quasiment doublé au cours des 20 dernières années, selon de l'Organisation Internationale du Café (OIC)…

C.P. avec AFP

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Récolte sur une plantation de café au Costa Rica.

Récolte sur une plantation de café au Costa Rica. — Kent Gilbert/AP/SIPA

Vous reprendrez bien un petit espresso ? Les amateurs de café n’ont jamais été si nombreux, selon les chiffres dévoilés ce samedi par l’Organisation Internationale du Café (OIC), dont les pays membres représentent 95 % de la production et 83 % de la consommation mondiale de café.

Une population croissante d’adeptes

« Jamais on a consommé autant de café dans le monde qu’au cours des 20 dernières années où le taux d’augmentation a quasiment doublé », a déclaré à l’AFP Robeiro Oliveira, à l’occasion du 8e salon du café Expo Especiales, qui s’est ouvert jeudi à Bogota.

En moyenne, l’augmentation de la demande de café, « enregistre une tendance constante à la hausse, de 2,5 % par an », estime le directeur de l’OIC. De quoi lui donner le sourire : « La consommation mondiale de café continue à augmenter et c’est dû tant à la croissance de la population qu’à une question de goût », ajoute M. Oliveira, qui prévoit « une hausse de 25 millions de sac (à 60 kgs par sac) pour les 10 années à venir ».

Défis climatiques

Le panorama pour les producteurs est toutefois beaucoup plus sombre : au Brésil, premier producteur mondial, l’excès de pluie fait craindre des dégâts tandis que les planteurs de Colombie redoutent, eux, une hausse des coûts et une propagation de maladies du fait du manque d’eau. Et le phénomène El Niño, qui se traduit par un réchauffement des eaux de l’océan Pacifique équatorial et peut provoquer de fortes précipitations dans certaines régions et des sécheresses dans d’autres, risque d’affecter encore fortement les cultures de café.

« Les pluies au Brésil sont source de préoccupation car cela peut poser problème en termes d’offre de café du fait qu’il va y avoir moins de production, moins de grains, et cela suscitera une impression de pénurie sur le marché international », souligne Oliveira.

Prix sous pression

Au niveau financier, les producteurs sont également bien loin de récolter les fruits de cet engouement mondial pour le café. Selon le dernier rapport de l’OIC, la saison 2014-2015 s’est terminée avec les prix les plus bas des 20 derniers mois, « du fait de la faiblesse du real brésilien et du peso colombien », les deux monnaies les plus dévaluées d’Amérique latine cette année.

En septembre, le café se négociait à 1.544 dollars la tonne à Londres et à 116 cents la livre à New York, cours les plus bas depuis un an et demi.

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Le directeur de l’OIC espère que « le marché réagisse et comprenne qu’il y a peu de café en ce moment » en raison des mauvaises conditions climatiques.

Il prévoit une augmentation de la production en Amérique centrale, une fois que sera contrôlée la propagation de la rouille, champignon qui dévaste les cultures depuis trois ans dans cette région. Mais la récolte centro-américaine « n’est pas suffisante pour répondre aux besoins du marché » à ce stade, souligne-t-il.

L’augmentation de la consommation aura un effet sur les prix, notamment sous la pression de la demande de pays nouveaux comme la Chine et la Russie qui jusqu’à présent n’étaient pas de grands acheteurs de café.

« Le secteur va être plutôt dynamique à l’échelle de l’économie mondiale », assure le patron de l’OIC.

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