La réforme du vin divise les 27

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Publié le 16 juillet 2007.

VITICULTURE - Les ministres de l'Agriculture de l’Union européenne s'opposent…

Sur le constat, tous s'accordent: il faut réformer le marché européen du vin. Mais sur les moyens, les ministres de l'Agriculture des 27 sont apparus divisés lundi lors du démarrage des discussions sur la réforme du secteur vinicole proposée par la Commission européenne. C'est la première fois que les 27 débattent du projet de réforme de «l'organisation commune de marché» du vin, qui régit les subventions et les modes de production dans l'UE.

«Idéologie libérale»

La France et l'Allemagne, 1er et 4e producteurs de vin de l'Union, sont très critiques et avaient averti vendredi qu'ils feraient front commun contre «les mauvaises propositions». Pour le ministre français de l'Agriculture, Michel Barnier, elles sont au nombre de trois.

D'abord, l'arrachage de vignes. La Commission planche sur 200.000 hectares. «C'est beaucoup trop», selon le ministre français qui s'est exprimé lundi lors d'une conférence de presse.

La fin de la distillation de crise est jugée inacceptable pour la France. Bruxelles veut arrêter les subventions à la distillation des vins de mauvaise qualité qui ne se vendent pas. Une mesure qui lui coûte 500 millions d'euros par an.

«Perte des racines»

Enfin, Michel Barnier a jugé libéralisation des droits de plantation de «folie», dénonçant «l'idéologie libérale» qui inspire la réforme du vin de la Commission. Cette dernière propose d'autoriser les viticulteurs à planter librement des vignes à partir de 2014 pour répondre aux signaux du marché, alors qu'actuellement les droits sont strictement limités pour éviter des surproductions.

«La remise en cause des droits de plantation conduirait à faire perdre aux vins européens leur identité et leurs racines», avait-il expliqué à son arrivée à Bruxelles. Les organisations professionnelles des viticulteurs produisant des vins de qualité s'opposent aussi à cette libéralisation.

Concurrence du «Nouveau Monde»

La Commission veut réformer de fond en comble le système, pour mettre fin au gaspillage des subventions et reprendre l'offensive face à la concurrence acharnée des vins du «Nouveau Monde» (Californie, Australie, Amérique du Sud...). Au cœur du projet élaboré par Bruxelles: la volonté de transformer le modèle viticole, majoritairement artisanal, vers un modèle plus industriel et plus compétitif.

Le ministre portugais de l'Agriculture, Jaime Silva, qui préside la réunion, espère «un compromis d'ici à la fin de l'année, au moins sur les grandes lignes politiques», pour que la réforme entre en vigueur pour la campagne 2008/09, comme le souhaite Bruxelles
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