ECONOMIE - Le ministre du Budget, Eric Woerth, a présenté les orientations budgétaires pour 2008...
Un jeu d’équilibriste. Pour tenir le cap d’un retour à l’équilibre des comptes de la France tout en mettant en œuvre les réformes du «
paquet fiscal», le gouvernement mise sur une croissance de 3%. C’est ce qu’a affirmé le ministre du Budget Eric Woerth, lundi à l'Assemblée nationale.
Autrement dit, la majorité compte sur la maîtrise des dépenses publiques (non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, révisions des coûts etc.) pour financer les baisses d’impôt prévues dans le «paquet fiscal», qui elles-mêmes serviront à relancer la croissance. Laquelle permettra de respecter l’objectif de réduire la dette de la France sous le seuil de 60% de son produit intérieur brut (PIB) d’ici à 2012, voire 2010...
Pari difficile
Un pari difficile dans la mesure où l’Insee
table sur une croissance de 2,1% pour 2007 et ne décelait, à la mi-juin, aucun signe de rebond de l’activité économique. Quant à la volonté d’Eric Woerth de «diviser par deux la progression de la dépense publique (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales)» en cinq ans, soit une hausse moyenne un peu au-dessus de 1% par an, elle se heurte à la réalité: celle-ci a atteint ces dix dernières années environ 2,25% par an.
Dans ce contexte, le coût du «paquet fiscal» sera déterminant. Or, les chiffres divergent. Alors que Gilles Carrez, dans son rapport préalable au débat d'orientation budgétaire, tablait sur 9,4 milliards d'euros pour 2008, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a parlé de 10,1 milliards d'euros pour l’année prochaine et de
13,6 milliards d’euros en régime de croisière. L’opposition, elle, évoque 15 milliards d’euros... Sans compter que, selon «
Les Echos», les députés ont alourdi la facture d'environ 150 millions d'euros avec leurs amendements.
C. F.