ENERGIE - Un rapport alarmiste de l'Agence internationale de l'énergie...
Pénurie d’or noir en vue. Si l'Agence internationale de l'énergie (AIE) prédit un gros risque de raréfaction de pétrole à l'horizon 2012, ce n’est pas parce que les réserves en hydrocarbures sont épuisées. Dans un rapport rendu public lundi soir, l’agence pointe une demande mondiale en hausse rapide et à une baisse des capacités de production. Ce que les experts appellent un «effet ciseau».
Première partie du ciseau, la croissance de la demande mondiale devrait augmenter de 2,2% par an d'ici 2012, à comparer avec le 1,4% de croissance enregistré entre 2000 et 2007. La demande des pays en développement, comme la Chine, devrait connaître une hausse trois fois plus rapide que celle des pays développés.
Le biocarburant, solution insuffisante
L'offre de pétrole, la deuxième partie du ciseau, ne va pas réussir à suivre cette envolée. L'AIE redoute que les capacités de production non utilisées, sorte de coussin de sécurité en cas de crise, se réduisent drastiquement. L'Agence souligne que les compagnies pétrolières étatiques, de plus en plus nombreuses après les renationalisations au Venezuela et en Russie, sont moins dynamiques que leurs homologues commerciales. Entendre : elles investissent moins dans la prospection de nouveaux gisements. D'autre part, l'AIE ne croît pas que la production de biocarburant sera suffisante pour combler le fossé entre offre et demande.
Résultat, les marchés financiers sont de plus en plus inquiets. Déjà fébriles sur le court terme à cause des problèmes au Nigeria, premier producteur africain, le rapport de l'AIE ne va pas les rassurer pour le moyen et long terme. Et le prix du baril flambe : il se rapproche des records d'août 2006 et atteint les 75 dollars le baril.
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