ASSEMBLEE - La ministre a présenté mardi après-midi son projet de loi...
Le grand oral de Christine Lagarde. La ministre de l'Economie a présenté mardi en début d'après-midi son fameux «
paquet fiscal», à l'Assemblée nationale. L'occasion pour la ministre, qui s'était fait ravir la vedette la veille à Bruxelles par son Président, d'annoncer non pas une réforme mais des réformes, pas moins de quatre, et de revenir sur le chiffrage du projet de loi pour le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat.
Erik Orsenna et r'n'b
Dans un long exposé, ponctué par les huées de l'opposition et les applaudissements de la majorité, Christine Lagarde a décliné les
grands volets du projet de loi, insistant à chaque fois sur la valeur «travail», dévalorisée depuis «l'Ancien régime» jusqu'aux «35 heures».
Citant tantôt l'académicien français
Erik Orsenna, le philososphe chinois
Confucius ou encore les paroles des chansons de r'n'b ou de rock, la ministre de l'Economie a tenu un discours décomplexé sur la nécessité d'en finir avec une «oisiveté récompensée» et un «travail découragé». En témoigne, selon elle, «la volonté des jeunes non pas de renverser l'ordre des choses mais de s'insérer et de réussir».
Autant d'élements qui encouragent le gouvernement à «mettre en oeuvre une véritable politique du travail», dont le «paquet fiscal» n'est qu'une «première étape», «qui s'inscrit dans une perspective plus longue des grandes réformes économiques engagées par Nicolas Sarkozy et par François Fillon».
«Réforme générale de notre fiscalité»
«Il y en aura au moins quatre autres (réformes, NDLR): d'abord réviser les politiques publiques dans un souci de performance et d'efficacité, lever les blocages à la croissance (Commission Séguin), enfin moderniser notre marché du travail, et pour finir procéder à une réforme générale de notre fiscalité», a-t-elle poursuivi. Une déclaration qui fait écho à celle du Premier ministre, mardi matin, qui a annoncé à terme la fusion des deux directions gérant les impôts.
Et la ministre de chiffrer le coût de son paquet fiscal: «13,6 milliards d'euros en régime de croisière», dont 6 milliards d'euros seront consacrés au
dispositif sur les heures supplémentaires, 600 millions d'euros à l'
abaissement du bouclier fiscal. Avec une promesse: le paquet fiscal «créera un demi-point de croissance en 2008.»
C. L. et C. F.