Martin Winterkorn à Francfort le 14 septembre 2015.
Martin Winterkorn à Francfort le 14 septembre 2015. - Jens Meyer/AP/SIPA

POLLUTION Le constructeur aurait dissimulé le niveau réel des émissions de gaz polluants de certaines voitures...

Profil bas. Le PDG de Volkswagen Martin Winterkorn a dit «regretter» dimanche d'avoir «déçu» ses clients après la révélation de soupçons de tricherie aux Etats-Unis destinée à dissimuler le niveau réel des émissions de gaz polluants de certaines voitures. Ce lundi, la valeur Volkswagen dégringolait de 13% à la Bourse de Francfort.

«Je regrette personnellement, et profondément, que nous ayons déçu la confiance de nos clients et du public», a déclaré le patron du constructeur allemand au siège du groupe, promettant de coopérer avec les autorités américaines «pour établir les faits rapidement et de façon transparente».

Un logiciel espion pour détecter les tests anti-pollution

«Clairement: Volkswagen ne tolère aucune violation, d'aucune sorte, d'une loi ou d'une norme», a insisté  Winterkorn, promettant que le groupe ferait «tout pour regagner pleinement la confiance que tant de gens (lui) accordent» et pour «éviter» que des préjudices ne soient causées. «Ces événements sont pour notre directoire, et pour moi personnellement, de la première importance», a ajouté le patron de Volkswagen.

Selon les autorités américaines, Volkswagen aurait doté quelque 482.000 véhicules vendus aux Etats-Unis d'un logiciel sophistiqué capable de détecter automatiquement à quel moment ils étaient soumis à un test de mesure anti-pollution des autorités.

Et hop, un certificat de bonne conduite écologique

Dans ce scénario, ce petit logiciel espion enclenchait - a priori à l'insu des conducteurs - un mécanisme interne de limitation des gaz polluants permettant au véhicule de passer le test sans encombres et de se voir décerner un certificat de bonne conduite écologique.

Toutefois, une fois le test fini, le mécanisme anti-pollution se désactivait et le véhicule libérait alors davantage de gaz polluants, et notamment du dioxyde d'azote ou Nox, lié à de graves maladies respiratoires dont l'asthme.

Cette affaire, révélée vendredi par l'agence environnementale américaine (EPA), n'est pas seulement embarrassante pour l'image jusque-là immaculée du groupe allemand: elle pourrait également se traduire par de très lourdes pénalités financières, pouvant théoriquement atteindre les 18 milliards de dollars, soit près de 16 milliards d'euros.

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