ECONOMIE – La Cnav réagit au déficit annoncé de l'assurance-vieillesse, plus important que prévu…
L’arbre qui cache la forêt ? Alors que l’attention était focalisée sur le déficit de l’assurance-maladie, dont le montant doit être officialisé lors de la commission des comptes de la Sécurité sociale le 4 juillet, un autre trou se creuse, tout aussi inquiétant selon
«Les Echos» datés de mardi : le déficit des retraites du privé.
Chiffre officieux
Selon le quotidien, il va plus que doubler cette année, passant de 1,9 milliard d'euros en 2006 à plus de 4,5 milliards fin 2007. Soit au moins1 milliard de plus que les prévisions initiales. Si le
Conseil d’orientation des retraites s’est refusé à commenter ce chiffre officieux, la présidente de la
Caisse nationale d'assurance vieillesse, Danièle Karniewicz, a reconnu qu’il qu'il faudrait «des mesures pour rééquilibrer» les comptes, dont le déficit sera plus important que prévu en 2007.
En cause, selon elle, «l’effet anxiogène du rendez-vous de 2008 sur les retraites, au cours duquel doit être fait un bilan financier de la réforme de 2003. «Comme il n'y a pas d'éléments de compréhension suffisant de la part de l'ensemble des Français, l'inquiétude est forte et les incite à partir le plus vite possible».
Selon les «Echos», le gouvernement s’est trompé en misant sur son
plan emploi seniors pour différer les départs à la retraite. Plutôt que de bénéficier d’une majoration de leur pension, les salariés préfèrent partir dès qu’ils le peuvent.
Une retraite à taux plein avant 60 ans
Par ailleurs, la mesure qui visait à faire bénéficier aux salariés ayant commencé à travailler très jeunes une retraite à taux plein avant 60 ans a achevé d’augmenter le montant des prestations (+1 milliard d’euros) et donc de creuser le déficit.
Pour rassurer les Français, «il faut expliquer que tout le monde aura une retraite et il faut donner des garanties sur le niveau de retraite», a estimé Danièle Karniewicz.
C.F.