L'économiste français Thomas Piketty donne une conférence, le 16 janvier 2015 à Buenos Aires
L'économiste français Thomas Piketty donne une conférence, le 16 janvier 2015 à Buenos Aires - Alejandro Pagni AFP

ECONOMIE Au sein d'un collectif, il écrit une lettre ouverte à la chancelière allemande pour critiquer l'austérité...

Après Paul Krugman, Thomas Piketty. L’économiste français, devenu une star mondiale en 2014 avec son livre Le Capital au XXIe siècle, a pris sa plume pour écrire une lettre ouverte à Angela Merkel. « L’austérité n’a pas fonctionné », affirme-t-il, avec quatre autres économistes, dont l’Allemand Heiner Flassbeck. Le collectif appelle la chancelière à « infléchir » sa position intransigeante, afin « d’éviter un désastre et de permettre à la Grèce de rester dans la zone euro ».

Piketty ne mâche pas ses mots. « A l’heure actuelle, le gouvernement grec est sommé de mettre un pistolet sur sa tempe et d’appuyer sur la gâchette », indique la lettre ouverte publiée par le magazine américain The Nation. « Malheureusement, la balle ne tuera pas simplement le futur de la Grèce en Europe. La victime collatérale sera la zone euro en tant que havre d’espoir, de démocratie et de prospérité. »

Appel à un pardon partiel de la dette

Avec une ironie marquée, l’économiste français, proche du parti socialiste, rappelle que « l’Europe a été fondée après-guerre grâce au pardon des dettes passées, notamment celle de l’Allemagne » En 1953, l’accord de Londres avait en effet allégé la dette extérieure allemande de 50 %, avec un remboursement étalé sur 30 ans.

De la même manière, « nous devons restructurer et réduire la dette grecque, donner à l’économie un peu d’air pour qu’elle se rétablisse, et permettre à la Grèce de rembourser une dette moins lourde sur une plus longue période de temps », assure le collectif. Selon lui, « il est aujourd’hui temps de repenser, de façon humaine, le programme d’austérité punitif et infructueux des récentes années et accepter une réduction importante de la dette de la Grèce en relation avec des réformes tant attendues ».

Merkel fléchira-t-elle ? Réponse d’ici dimanche, avec un dernier ultimatum fixé par Bruxelles à Athènes pour parvenir à un accord.

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