VIDEO. Uber annonce la suspension d'UberPop en France

JUSTICE Ce service controversé, jugé illégal en France, prendra fin ce vendredi soir à 20 heures...

M.P.

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Thibaud Simphal, le directeur général de Uber France, le 19 mai 2015 à Paris

Thibaud Simphal, le directeur général de Uber France, le 19 mai 2015 à Paris — AFP

Les taxis ont remporté une manche importante dans leur lutte contre les VTC. Uber a annoncé que son service controversé, jugé illégal en France, UberPop, sera suspendu à partir de ce vendredi soir 20 heures.

C’est Thibaud Simphal, directeur général d’Uber France, qui l’annonce dans un entretien au Monde. Et de l’expliquer ainsi : « En premier lieu pour préserver la sécurité des chauffeurs Uber, ce qui a toujours été notre priorité. Ils ont été victimes d’actes de violence ces derniers jours. La seconde raison est que nous souhaitons nous situer dans un esprit d’apaisement, de dialogue avec les pouvoirs publics et montrer que l’on prend nos responsabilités. Sur le fond, nous nous en remettons à la décision du Conseil constitutionnel attendue en septembre sur l’article de la loi Thévenoud [qui organise la concurrence des taxis] concernant UberPop ».

La violence des taxis pointée du doigt

Le dirigeant, qui est cité à comparaître avec le directeur d’Uber pour l’Europe de l’Ouest, Pierre-Dimitri Gore-Coty, pour pratique commerciale trompeuse, complicité d’exercice illégal de la profession de taxi et traitement de données informatiques illégal pour fin septembre, assure qu’en France, c’est bien « la violence » subie par ces chauffeurs occasionnels lors de la grogne des taxis, qui ont poussé l’entreprise américaine à suspendre son service.

Dans cet entretien, le dirigeant d’Uber se veut serein et assure que la « priorité » du groupe « est maintenant de trouver un moyen de remettre ces milliers de conducteurs sur la route. C’est vital pour eux et leur famille. On va les aider dans la course d’obstacles pour devenir VTC [véhicule de transport avec chauffeur]. Parce que les faits démontrent que la réglementation ne fonctionne absolument pas.

«On aimerait qu’il ne revoie pas le jour»

De son côté, Manuel Valls a affirmé que « la fermeté » du gouvernement avait « payé ». « C’est une profession qui a besoin de règles, ce n’est pas la loi de la jungle », a dit le Premier ministre.

Les organisations de chauffeurs de taxis se sont gardées de tout triomphalisme après l’annonce de vendredi. « L’annonce est satisfaisante en soi, néanmoins on reste très vigilants et très méfiants. Uber est coutumier de manoeuvres de ce genre et ils sont capables de créer des applications similaires sous un autre nom », a affirmé à l’AFP Séverine Bourlier, secrétaire générale de l’Union nationale des taxis. Le syndicaliste FO Nordine Dahmane lui a fait écho. « Nous prenons acte », mais « on ne sait pas ce qui va en ressortir après », a-t-il dit à l’AFP. « C’est une bonne décision que le service soit suspendu, mais on aimerait qu’il ne revoie pas le jour ».

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