Une étude du cabinet de conseil CMI recommande aux entreprises de s'appuyer encore davantage sur les mathématiques pour innover.
Une étude du cabinet de conseil CMI recommande aux entreprises de s'appuyer encore davantage sur les mathématiques pour innover. - S. Pouzet / WPA / Sipa

SCIENCES Souvent détestées, les sciences mathématiques occupent toutefois une place non négligeable dans l'économie d'un pays…

Quinze pour cent du PIB français, 9% des emplois: les mathématiques ne sont pas toujours très visibles mais elles ont du poids, pointe une étude qui recommande aux entreprises de s'appuyer encore davantage sur cette discipline pour innover.

Les mathématiques apportent à l'économie française 285 milliards d'euros de valeur ajoutée, soit 15% du Produit intérieur brut, affirme cette enquête réalisée par le cabinet de conseil CMI et publiée mercredi.

Un impact direct sur 9% des emplois

Cette discipline a un «impact direct» sur 9% des emplois, soit environ 2,4 millions d'emplois, ajoute cette étude commandée par l'Amies (Agence pour les mathématiques en interaction avec l'entreprise et la société) et deux fondations de mathématiques.

Pour obtenir ce chiffre, CMI a comptabilisé les emplois occupés par des personnes ayant une formation en maths, ou utilisant les maths ou des outils mathématiques, précise le cabinet de conseil en stratégie.

Des résultats similaires en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas

«Ce rapport confirme, après d'autres effectués dans d'autres pays, que les sciences mathématiques occupent une place considérable dans l'économie d'un pays - bien plus importante qu'on ne le pense spontanément», déclare à l'AFP Cédric Villani, lauréat en 2010 de la médaille Fields, considérée comme le «prix Nobel» de cette discipline.

«L'impact socio-économique des maths n'avait jamais été mesuré dans notre pays. La France obtient des résultats similaires à ceux de la Grande-Bretagne (16% du PIB, 10% des emplois) et des Pays-Bas (13% du PIB, 11% des emplois)», souligne Stéphane Cordier, directeur de l'Amies.

L'étude a été présentée mercredi au ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement et de la Recherche. «Notre but est de sensibiliser les entreprises et les responsables politiques à l'importance» de cette discipline, explique Stéphane Cordier, professeur de mathématiques à l'Université d'Orléans.

« L’oxygène du monde numérique »

«Les mathématiques, c'est l'oxygène du monde numérique. Elles sont indispensables à son fonctionnement mais on ne se rend pas vraiment compte de leur présence», relève M. Cordier. L'objectif de l'Amies est aussi de changer la perception des maths par le grand public et les entreprises: «l'image des maths comme une discipline austère, vieillotte n'est plus d'actualité».

«Comme la plupart des pays développés, nous ne formons pas assez de mathématiciens pour couvrir les besoins, en particulier émanant du monde de l'industrie», constate Cédric Villani. Le nombre des étudiants ayant choisi les mathématiques comme matière principale est stable et assez faible. Ils étaient environ 6.600 étudiants en Master en 2012-2013, soit 2,1% des effectifs globaux en Masters. Il y avait 2.000 inscrits dans des formations délivrant des doctorats en mathématiques soit 2,9% des effectifs de formations doctorales.

Toutefois beaucoup d'autres formations dispensent des cours de maths. «Vingt-cinq pour cent des effectifs étudiants de niveau Bac +2 à Bac +8 sont formés en mathématiques ou par les mathématiques», nuance l'étude.

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