VIDEO. #DirectPolitique: Pierre Gattaz «condamne les excès de la financiarisation de l'économie»

MEDEF Le président du Medef était l'invité, ce mardi, de l'émission de «20 Minutes», «Ouest-France» et Linternaute.com...

Mathieu Bruckmüller

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Le patron du Medef Pierre Gattaz, le 7 décembre 2014 à Paris

Le patron du Medef Pierre Gattaz, le 7 décembre 2014 à Paris — Martin Bureau AFP

Le débat sur l'excès de rémunération des actionnaires est plus que jamais dans l'air du temps. En 2014,  les sommes versées par les entreprises du CAC 40 ont bondi de 30% à plus de 56 milliards d'euros, du jamais vu depuis 2007.  Des chiffres susceptibles de relancer la polémique sur la propension notamment des grands groupes français à récompenser leurs actionnaires plutôt qu'à embaucher et à investir, voire à supprimer des postes, après que le gouvernement ait pris des mesures importantes en leur faveur via des baisses de charges.

L'économie, «c'est une harmonie»

Si Pierre Gattaz ne pointe pas une entreprise en particulier, il estime, à ce sujet «que l'économie, ce n'est pas de distribuer des dividendes aux actionnaires», mais c'est «un tout», «une harmonie.» Ce qui amène le patron des patrons  a  «condamné les excès de la financiarisation de l'économie en général», mais aussi à pointer la responsabilité de l'Etat, très gourmand en dividendes. L'Etat qui détient des parts dans des poids lourds du CAC 40 comme EDF, GDF Suez ou Airbus, a  reçu à ce titre 4,4 milliards d'euros en 2014, une somme utile pour boucler le budget de la France.

Cependant, Pierre Gattaz souligne que placer de l'argent dans une entreprise comporte «un risque» qui doit être «rémunéré». Il souhaite que les investisseurs (salariés, retraités, investisseurs étrangers...) soient incités à mettre «de l’argent» dans les entreprises françaises qui en ont besoin. Que ce soit les PME, les TPE ou encore les start-up.

«Aller chercher la croissance avec les dents»

Quant à l'octroi d'un bonus de quatre millions d'euros au nouveau patron de Sanofi, Olivier Brandicourt, et jugé «incompréhensible» par le gouvernement, Pierre Gattaz comprend «que cela puisse choquer bien évidemment. Ce sont des sommes énormes».  Avant de nuancer: «Vous avez une société internationale dans un domaine très  compétitif... Il y a eu là l'embauche d'une star qui est Française et qui va permettre de à Sanofi de garder des centres de décisions et de recherches en France.» Il s'étonne d'ailleurs de voir que la rémunération «d'une star du football ne pose pas autant de problème qu’une star de l’entreprise.

Sur la situation économique française alors que le chef de l’Etat a estimé récemment que la reprise était là, mais encore fragile, Pierre Gattaz a reconnu que «les petits signaux de croissance sont là, notamment grâce à la baisse de l’euro. «Cela nous rend un peu optimiste», estime Pierre Gattaz. Mais à ses yeux, cela sera «insuffisant pour créer durablement de l’emploi». Pour cela il faut, dit-il s’attaquer aux freins à l’embauche et «aller chercher la croissance avec les dents» comme l'avait dit Nicolas Sarkozy en 2008. A ses yeux, les entreprises françaises doivent être plus présentes à l'export, davantage compétitives et que l'économie française mise sur les filières du futur comme la santé, la sécurité et le tourisme.

>> Retrouvez ci-dessous l'interview de Pierre Gattaz dans son intégralité