Voici qui ne va pas arranger les relations entre Paris et Washington. La NSA et son homologue britannique, le GCHQ, ont dérobé les clés de cryptage du premier fabricant mondial de cartes SIM, le groupe franco-néerlandais Gemalto. Selon de nouvelles révélations des documents fournis par Edward Snowden au site The Intercept, les agences ont ainsi pu décrypter, sans aide, les conversations téléphoniques des téléphones vulnérables partout dans le monde. Et la France est au cœur de l'affaire.

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Le siège social de Gemalto se trouve au Pays-Bas mais la France est le centre de son activité internationale. Depuis 2006, le groupe est dirigé par le Français Olivier Piou.

La Ciotat, Meudon et Pont-Audemer

Pour réussir à s'introduire sur le réseau de l'entreprise, la NSA et le GCHQ ont notamment espionné les emails et les comptes Facebook d'employés du groupe dans le monde entier. Un employé de Singapour «bientôt muté à Paris» intéressait notamment les renseignements britanniques.

La France disposait de son programme spécial de surveillance, «HIGHLAND FLING», précise The Intercept. Le but: «Pénétrer dans les data centers-clés» de Gemalto. Sur une slide de présentation, les sites de La Ciotat, Meudon et Pont-Audemer sont notamment mis en avant comme des «priorités».

L'entreprise, elle, affirme qu'elle n'était pas au courant et indique à The Intercept que ces révélations sont «inquiétantes et perturbantes». Le feuilleton ne fait sans doute que commencer.

Gemalto piraté par la NSA et les agences de renseignements britanniques publié par Fil_Economie

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