C'est grâce à l'Etat que Noël Forgeard a quitté EADS avec un parachute doré, affirmait hier le magazine Challenges. Le ministère de l'Economie serait intervenu pour que l'ex-coprésident exécutif d'EADS bénéficie des indemnités prévues dans son contrat de travail, contre l'avis des membres du conseil d'administration. Ces « allégations concernant le rôle supposé de l'Etat » sont « totalement infondées et erronées », a immédiatement rétorqué un porte-parole de Bercy.Pourtant, Arnaud Lagardère, coprésident du conseil d'administration d'EADS, assure aujourd'hui dans l'hebdomadaire Le Point que « les actionnaires privés » n'ont « pas un mandat de gestion sans contrôle de l'Etat ». Ces derniers, selon Challenge, « souhaitaient que Noël Forgeard fasse place nette », c'est-à-dire sans parachute. Mais il aurait alors fallu le licencier pour faute, au risque d'un recours en justice qui aurait mis sur la table les différends franco-allemands et les difficultés du programme A380. Soucieux d'éviter une telle publicité, le ministre de l'Economie, Thierry Breton, aurait imposé « une séparation à l'amiable ».