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Illustration euros - C. VILLEMAIN/20 MINUTES

EUROPE Après un premier Manifeste en 2011 à succès, les «économistes atterrés» récidivent pour présenter quinze chantiers à lancer pour une autre économie...

Voilà de quoi faire cogiter Bercy. L’association Les économistes atterrés qui regroupe experts, universitaires et citoyens publient mercredi 21 janvier un Nouveau manifeste déclinant quinze chantiers pour une autre économie. Un ouvrage grand public qui dessine des pistes pour sortir de la crise, souvent éloignées des politiques actuellement menées en France et en Europe… 20 Minutes a sorti cinq propositions à méditer.

Accélérer la transition écologique. Les économistes atterrés prônent une fiscalité incitative pour encourager à réduire la consommation de matières premières, la pollution… Mais avec des conditions: les écotaxes qui pèsent sur les consommateurs doivent être compensées par des aides aux plus démunis et le taux doit être important (la taxe carbone devrait ainsi passer de 6 euros à 20). Une transition écologique qui exige d’énormes investissements publics pour mieux isoler les bâtiments, construire des transports en commun. Précisément, ils estiment à 3% du PIB des pays de l’UE soit 350 milliards d’euros chaque année.

Revenir à la retraite à 60 ans. Les économistes atterrés assurent que les 35 heures ont permis de créer 300.000 à 500.000 emplois et que cette mesure aurait eu plus d’impact sans l’intensification du travail qui l’a accompagnée. «D’autres formes de RTT peuvent être envisagées», écrivent-ils, même si elles doivent être appliquées avec plus de souplesse. Pour eux, il est possible de garder un départ à la retraite dès 60 ans et des longues périodes de formation… A condition d’augmenter les cotisations sociales.

Accroître les impôts. «Demain il faudra plus et non moins de dépenses publiques». Parce qu’elles entraînent plus de justice, d’égalité et d’efficacité. Pour preuve: les Etats-Unis dépensent moins pour la santé, souvent prise en charge par le privé. Or l’espérance de vie y est inférieure de deux ans et demi à celle des Français alors que les dépenses de santé atteignent 17,9% du PIB contre 11,7% en France. Avec pour objectif d’augmenter le budget des universités, de verser une allocation d’insertion aux 18-25 ans, aider la réforme des rythmes scolaires, augmenter les prestations familiales. Avec un slogan à contre-courant: «cotisons dans la bonne humeur»…

Moderniser la statistique. Le PIB reste un indicateur fondamental… mais insuffisant. Il doit donc être complété par des statistiques régulières sur les inégalités de revenus, le bien-être social et les mesures écologiques. Des indicateurs qui aideront à réorienter les politiques publiques pour plus d’égalité et pas seulement plus de croissance. Et qui devront essaimer dans les entreprises pour que ces dernières présentent des indicateurs de qualité de l’emploi et d’impact écologique.

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Contrôler la Banque centrale européenne. Avec une préoccupation première: l’emploi et non la lutte contre l’inflation. Pour lutter contre l’influence massive de la finance, les parcours des gouverneurs, souvent des banquiers, devraient être plus variés: industrie, services, associations. Ils réitèrent leur soutien à une séparation stricte entre banques de dépôt et d’investissement. C’était une promesse de François Hollande… Que la loi bancaire n’a que partiellement tenue. Ainsi, la BCE devrait cesser de refinancer les secondes. Enfin, les auteurs reviennent sur un principe de base: l’indépendance de la BCE. Pour eux, un contrôle démocratique par le Parlement européen est indispensable.

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