Airbus a livré moins d'avions que Boeing mais reste numéro 1 pour les commandes en 2014

Avec 1.456 commandes nettes enregistrées l'an passé, Airbus reste le numéro 1 mondial des ventes d'avions mais il a livré moins d'appareils que son rival américain Boeing.

© 2015 AFP

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Le PDG d'Airbus, Fabrice Brégier, lors d'une conférence de presse le 13 janvier 2015 au siège de la compagnie aéronautique à Colomiers, près de Toulouse

Le PDG d'Airbus, Fabrice Brégier, lors d'une conférence de presse le 13 janvier 2015 au siège de la compagnie aéronautique à Colomiers, près de Toulouse — Eric Cabanis AFP

Avec 1.456 commandes nettes enregistrées l'an passé, Airbus reste le numéro 1 mondial des ventes d'avions mais il a livré moins d'appareils que son rival américain Boeing.

Jusqu'à la semaine dernière, l'avionneur européen, principale filiale d'Airbus Group, était donné perdant sur les deux fronts mais comme souvent, il a multiplié les contrats (425) en décembre.

Le constructeur de Toulouse (sud-ouest) estime en outre détenir un peu plus de 50% de parts du marché mondial et même 54% sur le segment des moyen-courriers avec son A320 et sa version remotorisée (A320neo). Ce qui signifie que Boeing reste leader sur le marché lucratif des long-courriers.

Airbus a «dépassé ses objectifs en 2014», en livrant un nombre record de 629 aéronefs toutes familles confondues contre 626 en 2013, a-t-il souligné mardi, à l'occasion de la publication de son bilan annuel. Le PDG, Fabrice Brégier, a souligné le doublement de livraisons en dix ans et a promis un nombre encore «légèrement» supérieur en 2015.

Il a par ailleurs indiqué que le chiffre d'affaires annuel d'Airbus, qui sera communiqué fin février lors des résultats de la maison mère, «sera supérieur à 40 milliards d'euros».

Boeing a, lui, livré 723 avions et enregistré 1.432 commandes.

Le nombre de livraisons est particulièrement scruté par les marchés car c'est à cette occasion que les avionneurs sont payés par leurs clients.

Dans la famille des avions moyen-courriers, Airbus peut toutefois se targuer d'avoir livré quelques exemplaires de plus que son concurrent Boeing: 490 A320 contre 485 B737.

Ces appareils représentent l'écrasante majorité des commandes des deux avionneurs: 1.321 des 1.456 commandes enregistrées en 2014 par Airbus.

Et Airbus comme Boeing s'efforcent d'augmenter toujours plus les cadences de production pour honorer les milliers de commandes reçues ces dernières années.

Le carnet de commandes d'Airbus s'établissait au 31 décembre au niveau record de 6.386 appareils d'une valeur de 919,3 milliards de dollars au prix catalogue, un montant purement indicatif puisque les constructeurs accordent de substantiels rabais à leurs clients. «Cela représente près de neuf ans de production», a souligné Fabrice Brégier.

En 2014, Airbus a approché le record absolu de l'industrie aéronautique du nombre de commandes sur une année, enregistré en 2013 (1.503 avions vendus).

Mais il n'a pas atteint son objectif de 30 commandes de super Jumbo A380 avec 14 ventes, après annulation des sept appareils de la compagnie japonaise Skymark.

M. Brégier a toutefois réaffirmé «l'avenir brillant à long terme» de cet avion, le plus grand au monde, en raison du doublement du trafic aérien mondial tous les dix ans et de la congestion de certains aéroports.

Il compte sur de nouveaux clients cette année sans donner d'objectif chiffré.

Il envisage toujours une version remotorisée de l'A380 mais pas à brève échéance. Quant à une version allongée, elle n'est pas encore à l'étude et ne devrait pas voir le jour avant vingt ans.

-2015, année de l'A320neo-

2014 a été l'année du nouveau long-courrier A350 XWB (extra wide body) dont le premier exemplaire A350-900 a été livré à Qatar Airways le 22 décembre.

Le rival des Boeing 777 et 787 sur le marché long-courrier de moyenne capacité (250 à 400 sièges), a déjà été commandé à 780 exemplaires.

Airbus escompte écouler 7.800 avions de cette nouvelle famille (A350-900 et A350-1000), d'un montant potentiel d'environ 1.000 milliards de dollars. Et, le programme A350 devrait être rentable vers 2019.

Boeing a, lui, accumulé plus d'un millier de commandes pour son Dreamliner, lancé quelques années plus tôt.

Airbus a en outre lancé en juillet avec succès la version remotorisée de son long-courrier A330, l'A330neo qui doit entrer en service fin 2017.

Six mois après son lancement, l'A330neo, proposé en deux versions (A330-800neo et A330-900neo), a été vendu à 120 exemplaires.

Le succès de l'A330neo pourrait néanmoins faire de l'ombre à la version classique (A330ceo) de ce biréacteur entrée en service il y a vingt ans même si Fabrice Brégier a assuré que cet avion restait attractif.

L'avionneur réduira la cadence de production des A330ceo au dernier trimestre 2015, de 10 à 9 exemplaires par mois, prélude à la transition entre les deux versions prévue en 2017-2018.

S'agissant enfin du programme A320neo, son succès commercial ne se dément pas avec près de 230 commandes pour le seul mois de décembre 2014.

2015 sera l'année du neo, assurent ses dirigeants avec une certification attendue au troisième trimestre 2015 et des premières livraisons au cours du dernier trimestre.

Il entrera en service près de deux ans avant son concurrent le 737 MAX.