Angela Merkel à Berlin le 9 octobre 2014.
Angela Merkel à Berlin le 9 octobre 2014. - Stefan Boness/IPON/SIPA

EUROPE C'est en tout cas ce qu'affirme l'hebdomadaire allemand «Spiegel», qui dit s'appuyer sur des sources proches du gouvernement de la chancelière conservatrice...

Un véritable tournant. Angela Merkel est prête à laisser la Grèce sortir de la zone euro, au cas où la Gauche radicale remettrait en cause la politique de rigueur budgétaire dans ce pays, affirme samedi l'édition en ligne du magazine Spiegel.

«Le gouvernement allemand juge quasiment inévitable une sortie (de la Grèce) de la zone euro, si le chef de l'opposition Alexis Tsipras (Gauche radicale Syriza) dirige le gouvernement après les élections (législatives), abandonne la ligne de rigueur budgétaire et ne rembourse plus les dettes du pays», affirme le site web de l'hebdomadaire, en s'appuyant sur «des sources proches du gouvernement allemand».

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Angela Merkel et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble (tous deux conservateurs) ont changé d'avis et désormais ils «jugent supportable une sortie du pays de la monnaie unique en raison des progrès accomplis par la zone euro depuis le sommet de la crise en 2012», assure le Spiegel Online, toujours sur la base de ces sources.

Plus vraiment de risque de contagion

«Le risque de contagion pour d'autres pays est limité car le Portugal et l'Irlande sont considérés comme assainis. Par ailleurs, le MES (mécanisme européen de stabilité) fournit un mécanisme de sauvetage puissant et l'Union bancaire assure la sécurité des instituts de crédit», auraient encore confié ces sources.

Au sein du gouvernement, la première réaction à l'article du Spiegel est venue du secrétaire d'Etat social-démocrate aux Affaires européennes, Michael Roth. «La Grèce est membre de la zone euro. Et doit le rester. Il faut éviter de provoquer, par la parole, des conséquences politiques et économiques qui seraient malvenues», a-t-il déclaré sur son compte Twitter.

Le parlement grec a annoncé mercredi sa dissolution et a confirmé l'organisation le 25 janvier d'élections législatives anticipées pour lesquelles la gauche radicale, Syriza, est donnée favorite dans les sondages. Le leader de Syriza, Alexis Tsipras, veut en finir avec la politique d'austérité imposée au pays par ses créanciers internationaux (la troïka UE, BCE et FMI) en échange de quelque 240 milliards d'euros de prêts. Il souhaite aussi négocier une nouvelle restructuration de la dette publique qui plombe l'économie grecque.

Signes avant-coureurs

Lundi, Wolfgang Schäuble avait jugé que la Grèce était tenue de continuer sur la voie des réformes déjà engagées, «sans aucune alternative», quel que soit le résultat du futur scrutin.

Deux jours plus tard, un responsable du parti conservateur CDU de Mme Merkel estimait dans une interview qu'aider financièrement Athènes n'était plus une nécessité aujourd'hui, évoquant une possible sortie du pays de la zone euro. «Il n'y a plus de potentiel de chantage. La Grèce ne représente pas un risque systémique pour l'euro», avait ajouté ce responsable, Michael Fuchs, vice-président du groupe parlementaire CDU au Bundestag.

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