CGT: L'avenir de Thierry Lepaon scellé ce mardi?

SYNDICATS Le patron de la CGT affronte la Commission exécutive du syndicat...

20 Minutes avec AFP

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Le secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon le 3 octobre 2013 à Montreuil

Le secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon le 3 octobre 2013 à Montreuil — Bertrand Guay AFP

Nouveau psychodrame en perspective à la CGT: Thierry Lepaon affronte mardi la Commission exécutive, divisée entre les partisans du départ du numéro un après ses faux pas et les adeptes de son maintien par crainte d'une nouvelle guerre des chefs et d'une déstabilisation du syndicat.

La commission exécutive (CE) de 56 membres se réunira mardi au siège de la centrale à Montreuil avec pour ordre du jour l'examen des révélations sur le train de vie du numéro un: dépenses coûteuses aux frais de la CGT dans son appartement et son bureau, indemnités à son départ de la CGT Normandie.

Lors de la réunion vendredi dernier du bureau confédéral (exécutif resserré de dix membres), Thierry  Lepaon a refusé d'évoquer sa démission alors que quatre membres du bureau y étaient ouvertement favorables et deux autres l'avaient évoquée, selon une source interne.

Sortir de la crise par le haut

Le bureau confédéral a appelé la Commission exécutive à convoquer avant le 16 décembre une réunion élargie des dirigeants de la CGT pour un large débat. Mais cette instance n'aura pas les prérogatives d'un Comité confédéral national (CCN, «parlement» de la CGT), composé des responsables des fédérations et des unions départementales et qui est le seul à pouvoir révoquer le numéro un. Le débat mardi portera notamment sur l'opportunité de convoquer ce «parlement» en janvier.

«La pire des choses serait d'aller à un CCN extraordinaire dont l'objectif serait de se prononcer pour ou contre la démission du secrétaire général. On ne peut pas vivre ça à la CGT», a affirmé auprès de l'AFP une dirigeante membre de la Commission exécutive. Selon elle, «il faut trouver collectivement une solution pour en sortir par le haut».

Mais «au regard du mécontentement qui monte» de la base et des «courriers que nous avons reçus, je crois qu'il va falloir prendre une décision rapide pour aller dans le sens d'une réunion du CCN», estime une autre membre de la CE.

L'image de la CGT écornée

La situation est d'autant plus tendue que les couloirs bruissent de rumeurs sur de «nouvelles révélations» de presse sur les dépenses du secrétaire général. Le SNJ-CGT, syndicat des journalistes, est le seul à avoir demandé publiquement la démission de Thierry Lepaon. D'autres y semblent favorables (fédération du commerce), certains sont partagés (spectacle) alors que La Poste dans une motion avait apporté son soutien au secrétaire général.

En cas de départ de Thierry Lepaon, «personne ne s'impose comme successeur» et «les querelles ne demandent qu'à se rallumer. Je ne vois pas la CGT en état aujourd’hui de désigner un secrétaire général rassembleur», a estimé Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, dans le Journal du Dimanche.

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