Elections professionnelles: Les fonctionnaires appelés aux urnes sur fond d'affaire Lepaon

SOCIAL Les agents de la fonction publique doivent élire jeudi leurs représentants du personnel et le gouvernement redoute une forte abstention...

Céline Boff

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Manifestation de la fonction publique pour l'emploi et les salaires, le 15 mai 2014 à Bordeaux

Manifestation de la fonction publique pour l'emploi et les salaires, le 15 mai 2014 à Bordeaux — Mehdi Fedouach AFP

Un scrutin inédit. Ce jeudi, les salariés de la fonction publique sont appelés à voter simultanément pour choisir leurs représentants du personnel. Lors de la précédente élection en 2011, seuls les agents de l’Etat et de la fonction publique hospitalière avaient participé -ceux de la Territoriale n’étaient alors pas concernés.

Si cette élection est une première, les fonctionnaires vont-ils pour autant se mobiliser? Le gouvernement comme les syndicats redoutent un faible taux de participation. D’abord parce que le moral des troupes est au plus bas.

Des salaires qui baissent

Depuis plus de quatre ans, le point d'indice, c’est-à-dire l’outil qui sert de base au calcul des salaires des agents, est gelé, mettant ainsi un coup d’arrêt aux augmentations. Seule l’ancienneté et les éventuelles primes font désormais évoluer les rémunérations à la hausse. Mais à un rythme nettement plus faible que l'inflation.

Résultat: en 2012, d'après les dernières statistiques disponibles, les salaires nets des agents avaient déjà baissé de 0,8% à l'Etat, de 0,6 % dans l'Hospitalière et de 0,5% dans la Territoriale, pour atteindre une moyenne respective de 2.465 euros, 2.242 euros et 1.848 euros.

Marylise Lebranchu, la ministre de la Fonction publique, redoute également une forte abstention du fait du renouvellement des agents: «Les plus jeunes, ceux qui viennent de rentrer dans la fonction publique, ne sont pas forcément intéressés directement par la culture syndicale, comme la culture politique», estime-t-elle à regret.

Les affaires embarrassantes de la CGT

Pas sûr que l’actualité syndicale les incite à s'impliquer davantage. Depuis plusieurs semaines, la CGT est mise à mal par les révélations concernant les rénovations à grands frais de l’appartement de fonction (105.000 euros) et du bureau (62.000 euros) de son leader Thierry Lepaon, qui aurait également perçu des indemnités de départ pour passer du syndicat régional de la CGT Basse-Normandie au poste de secrétaire national.

Ces affaires sont d’autant plus embarrassantes pour la CGT qu'elle est, de loin, le syndicat le plus représentatif dans la fonction publique. Tous versants confondus, l’organisation détient 25,4% des suffrages, suivie par la CFDT (19,1%) et FO (18,1%), les plus petites structures réalisant toutes des scores inférieurs à 10%.

La CGT pourrait-elle perdre sa place de n°1? La réponse tombera le 9 décembre, date à laquelle seront dévoilés les résultats de ces élections professionnelles. Quant à la participation, elle sera connue dès vendredi. Si elle tombait en dessous des 55%, taux obtenu lors des dernières élections, «ce serait un vrai souci», a déjà reconnu Marylise Lebranchu.

22.000 instances à renouveler

Les 5,4 millions d’agents de la fonction publique, y compris les non titulaires (914.000 agents, soit 17% des effectifs), doivent désigner pour quatre ans leurs représentants au sein des comités techniques ou encore des commissions administratives paritaires, équivalentes aux comités d'entreprise du privé. Au total, ce sont près de 22.000 instances qui seront renouvelées.